Un an après son embauche John Herdman quitte le Toronto FC
Empêtré depuis plusieurs mois par le scandale des drones espions aux Jeux olympiques de Paris, John Herdman a choisi de tirer sa révérence comme entraîneur-chef du Toronto FC le vendredi 29 novembre plutôt que d’entacher la réputation de l’organisation.
Herdman avait été recruté par Maple Leafs Sports and Entertainment (MLSE) pour essayer de redresser la situation du club après avoir connu la pire campagne de son histoire en 2023. Les « Rouges » ont montré une certaine amélioration cette année sous la direction de Herdman en remportant presque trois fois plus de victoires et en doublant presque leur total de points. Mais le bilan de 11 victoires 19 défaites et 4 matchs nuls s’est soldé par une 11e place dans la Conférence Est. Par la même occasion le TFC ratait les séries éliminatoires pour une quatrième saison consécutive.
« Personnellement, j’ai pris la décision difficile que c’était le bon moment pour moi de m’éloigner du club, alors que l’organisation définit sa vision de l’avenir », a déclaré Herdman dans un communiqué.

Cette déclaration audacieuse est une tentative de Herdman de recadrer le narratif autour de son départ un an après son embauche. Il veut donner l’impression qu’il quitte le TFC simplement parce qu’il n’est pas sur la même longueur d’ondes que les propriétaires de l’équipe. La vérité c’est que le scandale des drones espions va vraisemblablement conduire à d’autres révélations et Herdman, le TFC et MLSE risquent d’être éclaboussés à chaque fois.

Immédiatement après l’irruption du scandale aux Jeux olympiques de Paris l’entraîneuse en chef de l’équipe féminine canadienne Bev Priestman avait annoncé sa démission. Auparavant, elle avait été une des adjointes de Herdman. Elle soutient que cette pratique était monnaie courante dans les équipes masculines et féminines.

Le 31 juillet, Canada Soccer a annoncé avoir retenu les services de Sonia Regenbogen du cabinet d’avocats Mathews, Dinsdale & Clark pour mener une enquête indépendante de l’incident olympique « et, par la suite, toute question connexe de nature historique ».
Canada Soccer a également déclaré à la FIFA, l’instance dirigeante du soccer mondial, que l’utilisation de drones par les équipes nationales canadiennes pour espionner leurs adversaires avait été instiguée par Herdman.
Herdman avait immédiatement démenti les accusations à son endroit. « Je suis convaincu que depuis que j’ai été entraîneur principal aux Jeux olympiques et à la Coupe du monde, nous n’avons jamais été impliqués dans aucune de ces activités », avait-t-il déclaré avec insistance.
Four months ago John Herdman said he would help Canada Soccer in away way regarding their “drongate” investigation.
— Sid Seixeiro (@Sid_Seixeiro) November 30, 2024
He never met with them.
What an absolute fraud this guy was. pic.twitter.com/DWWWlu0stU
Herdman avait soigneusement choisi ses mots, en faisant spécifiquement référence à la Coupe du monde et aux Jeux olympiques. Mais lorsqu’on lui a demandé s’il autorisait l’utilisation de drones à des fins d’espionnage dans d’autres compétitions, que ce soit lors des matchs amicaux internationaux ou des tournois de la CONCACAF, il avait habilement esquivé la question.
Il avait ajouté que « ce n’était pas le moment d’être pointilleux sur les techniques de dépistage lors des tournois ».

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Herdman laisse des séquelles à Canada Soccer
En quittant son poste l’été dernier, Herdman a mis Canada Soccer dans le pétrin à moins de trois ans de la Coupe du monde FIFA 2026 où Toronto présentera 6 matchs. Il avait même déclaré qu’il ne regrettait pas d’avoir quitté le soccer international et tous les maux de tête politique à Canada Soccer.
« C’en était assez. J’ai fini par passer 50 % de ma vie dans une réalité politique. Et je ne suis pas naïf au point de penser que ce (travail) n’est pas politique », avait déclaré Herdman au moment de son embauche par le TFC.
« Au nom de toute l’organisation, je remercie John pour son engagement envers le Toronto FC et pour les progrès importants réalisés par le club pendant son mandat d’entraîneur-chef », a déclaré le PDG de Maple Leafs Sports and Entertainment Keith Pelley dans un communiqué.
En quittant le TFC, Herdman a peut-être éliminé la nécessité d’une enquête plus approfondie sur ses méfaits passés. S’il n’est plus entraîneur au pays, Canada Soccer peut se laver les mains du dossier. Selon le Code disciplinaire de Canada Soccer, les sanctions possibles vont d’un avertissement écrit à une suspension à vie.
Welcome, Keith! https://t.co/nyxPVI0Nta
— Toronto Maple Leafs (@MapleLeafs) January 11, 2024
« Nous évaluerons la marche à suivre appropriée et déterminerons les prochaines étapes à suivre dans cette affaire », a déclaré Canada Soccer dans un communiqué.
Herdman peut continuer à entraîner, mais probablement ailleurs qu’au Canada.
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