Toronto obtient une franchise de la WNBA sans l’appui de MLSE
Le jeudi 23 mai, le rappeur Drake, le président des Raptors Masai Ujiri, des anciennes et des nouvelles vedettes des Raptors et la Commissaire de la WNBA Cathy Englebert étaient tous présents pour l’annonce officielle de l’arrivée d’une équipe de la WNBA à Toronto en 2026.
« Cette équipe c’est l’équipe du Canada », a déclaré Larry Tanenbaum qui vient de débourser 50 millions de dollars pour obtenir une franchise. Il a indiqué que même si la concession sera basée à Toronto, l’équipe va jouer des matchs à Montréal et à Vancouver pour élargir son bassin de partisans.
L’an prochain San Francisco va devenir la 13e franchise du circuit et Toronto deviendra la 14e en 2026. L’équipe de la WNBA n’a pas de nom officiel, mais un concours devrait être lancé pour baptiser l’équipe et trouver les couleurs de leur uniforme.

Tanenbaum croit avoir dénicher une nouvelle mine d’or. « Il y a un peu plus de 30 ans, j’ai vu une opportunité d’amener la NBA au Canada. En tant que ville et pays, nous étions prêts à accueillir la première franchise de la NBA canadienne à Toronto. C’était le bon moment, au bon endroit, et j’ai sauté sur l’occasion », a ajouté Tanenbaum.
Il y a actuellement un engouement jamais vu pour le basketball féminin. Le 7 avril dernier, le championnat de basketball féminin de la NCAA opposant l’Iowa de Caitlin Clark et la Caroline du Sud (invaincue en saison régulière et en séries), a attiré près de 19 millions de téléspectateurs pour devenir le match de basketball universitaire féminin le plus regardé de l’histoire, selon Nielsen.
L’arrivée de la WNBA à Toronto n’était qu’une question de temps. L’équipe de la WNBA appartient à Kilmer Sports Ventures, une compagnie contrôlée par Larry Tannenbaum. À ne pas confondre avec Kilmer Group, une autre société contrôlée par Larry Tanenbaum qui détient 20% des parts de MLSE.
L’équipe va amorcer ses activités au Colisée Coca-Cola, un amphithéâtre de 8000 sièges que l’équipe va partager avec le club école des Maple Leafs et l’équipe de Ligue professionnelle de hockey féminin, (LPHF).

Larry Tanenbaum fait cavalier seul
Pour des raisons d’affaires, les partenaires de M. Tanenbaum dans Maple Leaf Sports and Entertainment (MLSE), le plus gros conglomérat sportif au Canada, ont refusé d’ajouter une concession de la WNBA à leur portefeuille.
En juin 2023 un article du Toronto Star rapportait que BCE (37,5%) et Rogers (37,5%) détiennent le premier droit de refus dans l’éventualité où Tanenbaum veut vendre ses parts. BCE et Rogers ont initialement contesté la manœuvre de Tanenbaum pour vendre de 5% de ses parts dans MLSE au fonds de pension des employés municipaux de l’Ontario (Ontario Municipal Employees’ Retirement System) participation à OMERS pour 400 millions de dollars. Cette transaction a poussé la valeur estimée de MLSE à 8 milliards de dollars.

Selon des sources du chroniqueur Michael Grange du réseau Sportsnet (propriété de Rogers) BCE et Rogers détiennent ensemble 75% et ont le droit de racheter les parts de M. Tanenbaum d’ici juillet 2026, en vertu des termes de l’accord entre les partenaires de MLSE.
Dans l’état actuel des choses, Tanenbaum pourrait empocher 1,6 milliard de dollars pour sa participation restante de 20 % dans MLSE. La décision de MLSE de ne pas investir dans la nouvelle concession de la WNBA n’est pas un manque de vision, mais strictement une décision d’affaires. Un investissement dans la WNBA ne ferait qu’augmenter la valeur de MLSE et augmenter la valeur des parts de M. Tanenbaum au moment du rachat par BCE et Rogers.
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« Je pense que [BCE et Rogers] rachèteront Larry à 100 pour cent », a déclaré une source de Michael Grange sur la probabilité que Tanenbaum ne fasse plus parti de MLSE d’ici 2026.

Même si le président des Raptors Masai Ujiri est un employé de MLSE, il a manifesté son appui et son respect envers Tanenbaum en assistant à la conférence de presse annonçant l’arrivée d’une concession de la WNBA à Toronto.
L’une des questions urgentes sera de savoir comment le départ pressenti de M. Tanenbaum de MLSE affectera Ujiri qui est en poste depuis 2013. Avant les récentes difficultés des Raptors, l’équipe a connu une décennie de succès sans précédent – culminant avec le championnat NBA 2019. Au total, Ujiri pouvait compter sur le soutien presque sans équivoque de Tanenbaum.



