Toronto libère Marner, Vegas l’accueille : une transaction sans perdant
C’était le secret le moins bien gardé à Toronto. Depuis l’échange avortée de Mitch Marner aux Hurricanes à la date limite des transactions en retour de Mikko Rantanen ce n’était qu’une question de temps. Il suffisait d’écouter les huées copieuses au Scotiabank Arena durant les séries ou le vitriole sur les tribunes téléphoniques pour comprendre que Marner n’allait pas pouvoir finir sa carrière dans sa ville natale.
En juin 2024, dans une entrevue avec Pierre LeBrun de The Athletic le directeur général des Leafs Brad Treliving avait déclaré que « Mitch contrôle les choses en grande partie » en faisant référence à sa clause complète de non-échange. « S’il existe un moyen d’améliorer notre équipe, nous le ferons ».

L’agent de Marner avait répliqué du tac au tac. Darren Ferris avait annoncé publiquement que Marner « va honorer la dernière année de son contrat et évaluer les choses à partir de là ».
Pour créer, raconter et inspirer, explorez le programme
Impact Médias Jeunesse.

Un an plus tard, le divorce a finalement été consommé, comme le dénouement d’un roman soigneusement orchestré par le DG des Leafs. Déterminé à ne pas perdre un talent générationnel comme Marner sans rien obtenir en retour, Treliving a abattu sa carte cachée à quelques heures du départ de Marner. Les médias torontois ont aussitôt amplifié la menace d’une plainte auprès de la LNH pour maraudage à l’endroit des Golden Knights, soupçonnés de vouloir signer Marner dès le 1er juillet. Un coup de bluff en désespoir de cause ? Pas vraiment.

Quelques jours plus tôt, le commissaire adjoint de la LNH avait soulevé le spectre d’une telle action. « Si nous sommes informés qu’il y a du maraudage, nous serons tenus d’agir », a déclaré le commissaire adjoint Bill Daly à The Athletic dans un article paru le jeudi 26 juin.
Quelles sont les conséquences en cas de condamnation? « Amendes, suspensions et perte potentielle de choix au repêchage », avait déclaré Daly. Ces petites phrases lourdes de sens ont été capté par l’organisation des Golden Knights.
Le lundi 30 juin Brad Treliving a annoncé que l’ailier droit âgé de 28 venait d’accepter un nouveau contrat de 8 ans d’une valeur de 12 millions par année et qu’il l’échangeait immédiatement aux Golden Knights en retour de l’attaquant Nicolas Roy.

Tout le monde y trouve son compte. Marner, sa femme et son bébé quittent une situation venimeuse avec les partisans des Leafs. Les Golden Knights, de leur côté, coiffent leurs rivaux en mettant la main sur le joueur qu’ils convoitaient, sans avoir à surenchérir sur le marché des joueurs autonomes. Les Maple Leafs, eux, gagnent sur deux fronts : une plus grande flexibilité salariale et un joueur de centre robuste, auréolé d’une Coupe Stanley. Enfin, la LNH évite un scénario embarrassant en n’ayant pas à enquêter sur d’éventuelles allégations de maraudage entre deux organisations majeures du circuit.

Treliving tourne la page sur l’ère Marner
La chose qui était demeurée constante durant tout le règne de Brendan Shanahan entre 2014 et 2025 c’était sa foi inébranlable au quatuor composé de d’Auston Matthews, Mitch Marner, William Nylander, et John Tavares. Une époque marquée par la loyauté de Shanahan envers ses piliers, mais aussi par des déséquilibres structurels qui ont trop souvent plombé les ambitions de l’équipe en séries.
Brad Treliving a maintenant les coudées franches pour changer le noyau et injecter une nouvelle dynamique. Tout juste avant d’annoncer l’échange de Marner Treliving a obtenu les services de l’ailier Matias Maccelli des Mammoths de l’Utah, en retour d’un choix conditionnel de troisième tour au repêchage de 2027, qui pourrait devenir un choix de deuxième tour en 2029.

Âgé de 24 ans Maccelli arrive avec deux saisons productives de 49 et 57 points derrière lui et un contrat de 3,425 millions de dollars. Nicolas Roy est un colosse de 6 pieds 4 pouces (193 centimètres) avec une production stable et un contrat de 3 millions de dollars. Si Maccelli et Roy récoltent chacun autour de 40 à 50 points, le pari sera gagné.
En misant sur des joueurs moins chers, mais capables de contribuer offensivement Treliving adopte une logique d’efficacité budgétaire. Sa logique est limpide : il vaut parfois mieux deux bons soldats à 3 ou 4 millions qu’une vedette à 11 millions. Et surtout, il libère enfin les Maple Leafs d’un carcan financier qui, pendant trop longtemps, les a empêchés de faire des transactions.



