Raptors vs Cavaliers : Toronto retourne en séries et se prépare à un vrai test dans l’Est
Les Raptors décrochent la cinquième place et affronteront les Cavaliers de Cleveland en séries.
Tim Bontemps d’ESPN avait été vertement critiqué à l’ouverture du calendrier en avançant que les Raptors pouvaient viser le cinquième rang dans l’Est, devant les Pacers. Quelques mois plus tard, sa prédiction résonne autrement. Pour la première fois en quatre ans, Toronto retourne en séries éliminatoires après une victoire écrasante de 136 à 10 face aux Nets de Brooklyn au Scotiabank Arena.
Scottie Barnes a réalisé son troisième triple-double (18 points, 12 rebonds et 12 mentions d’assistance) de la saison et le neuvième de sa carrière, dans la victoire du dimanche 12 avril.
« Nous avons constaté une forte progression de notre effectif, et le plus important, c’est que nous allons avoir l’opportunité de jouer en séries éliminatoires », a déclaré l’entraîneur-chef Darko Rajaković, au terme d’une saison conclue avec 46 victoires et 36 défaites. « Notre mentalité ne changera pas. On va chercher un match, puis un autre », ajoute-t-il, avec cette sobriété propre aux entraîneurs qui savent que les séries sont un autre sport.

Après une traversée du désert, à quoi s’attendre des Raptors face aux Cavaliers?
La première chose qui saute aux yeux, c’est l’inexpérience des Raptors. Barnes est le seul rescapé de leur dernière présence en séries, une éternité à l’échelle de la NBA, où les cycles s’accélèrent et les certitudes se dissipent.
À l’époque, Barnes était sur le point de remporter le titre de recrue de l’année en 2021-2022, avant de s’incliner en six matchs face à Joel Embiid et James Harden avec les 76ers. Barnes faisait ses classes entourées de vétérans comme Pascal Siakam, Fred VanVleet et OG Anunoby, sous la direction de Nick Nurse.
Aujourd’hui, le décor a changé. À sa cinquième saison, Barnes est devenu la pierre angulaire d’une équipe en reconstruction accélérée.
« Une saison est toujours parsemé de hauts et de bas. L’important, c’est de persévérer », a déclaré Barnes au terme du dernier match de la saison.
Avant la dernière rencontre de la saison régulière, l’entraîneur des Nets originaire du Canada, Jordi Fernandez, a félicité les Raptors pour leur style de jeu axé sur la rapidité.

« Leur principal atout, c’est leur vitesse. Ils sont extrêmement rapides », a déclaré Fernandez à propos des Raptors, qui ont dominé la NBA avec 18,6 points en contre-attaque par match. « Ils attaquent constamment la raquette, leur gabarit leur confère une grande force, et ils sont agressifs ».

La saison régulière semble avantager les Raptors face aux Cavaliers
Les Raptors vont se frotter à une équipe différente de celle qu’ils ont battue à trois reprises entre le 31 octobre et le 24 novembre, s’imposant respectivement par 11, 13 et 11 points. La fiche de 52 victoires de Cleveland, six de plus que Toronto, raconte une histoire plus complexe, miné par les blessures, bricolant 23 alignements de départ différents. Donovan Mitchell est le seul à avoir traversé la saison sans trop de heurts, disputant 70 matchs. Evan Mobley a été limité à 65 matchs et Jarrett Allen à 56.
Mais ce chaos médical a aussi forgé une certaine résilience qui impose le respect : 35 victoires lors de leurs 49 derniers matchs. Ce n’est plus l’équipe hésitante du début de saison (17-16) qui fera face aux Raptors mais une formation qui a retrouvé sa cohérence au moment où ça compte.
Darko Rajaković est pleinement conscient du défi. « C’est une équipe différente maintenant. Une dynamique différente. Harden apporte un style unique. Nous devons apprendre de nos confrontations passées, mais tout se jouera sur leur forme récente », explique-t-il.

Le vétéran James Harden a été acquis à la date limite en retour de Darius Garland. Avec Donovan Mitchell et Evan Mobley, il forme un noyau capable de dicter le tempo d’une série. L’ancien Raptor Dennis Schröder apporte quant à lui de la profondeur au banc de Cleveland.
À part Barnes lors de sa saison recrue, les Raptors ont très peu d’expérience en séries. Brandon Ingram y a participé à deux reprises. Jakob Poeltl en a un souvenir lointain, notamment lors des affrontements face à Cleveland. RJ Barrett a atteint les séries lors de sa deuxième et quatrième saison avec les Knicks de New York.

Les Raptors amorcent ces séries avec l’innocence de la jeunesse et la liberté des équipes sans attentes précises. Les Cavaliers, eux, avancent avec le poids d’ambitions inachevées.



