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Maple Leafs

Qui devra porter l’odieux pour l’élimination des Maple Leafs?

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Lorsque les Maple Leafs ont provoqué la présentation d’un septième match, le magazine satirique The Beaverton a résumé le fatalisme qui hante Toronto : « Les Leafs ont travaillé fort pour égaliser la série afin de maximiser la tristesse de leurs partisans lorsqu’ils perdront ».

Dans une ville qui n’a pas remporté la Coupe Stanley depuis 1967 ou même participé à la finale, chaque année apporte un nouvel espoir (généralement irréaliste) au début des séries. Cet espoir empreint de fatalisme vire rapidement au pessimisme lorsque la réalité frappe à la porte. Le super partisan des Leafs Steve « Dangle » Glynn et auteur du livre « This Team Is Ruining My Life (But I Love Them) » incarne ces émotions en montagnes russes.

Avec un peu de chance, les Leafs auraient pu remporter la série. William Nylander, le 2e compteur de l’équipe en saison régulière, a manqué les trois premiers matchs en raison de violentes migraines. Le meilleur buteur de l’équipe, Auston Matthews, a manqué les 5e et 6e affrontements en raison d’une blessure.

À leur crédit, les Leafs ont modifié leur style de jeu en adoptant un style de jeu conservateur, en bloquant des tirs, en évitant d’ouvrir le jeu, en faisant preuve de patience pour trouver des failles dans la posture des Bruins. Dans l’adversité ils ont égalé la série 3-3, renversé la pression sur les Bruins et repris le momentum.

Encore une fois, le mauvais sort semble s’acharner sur les Leafs. Joseph Woll qui a remporté deux des trois victoires en l’absence de Matthew a dû déclarer forfait pour le 7e match. Le résultat final aurait pu pencher d’un côté comme de l’autre, mais David Pastrnak a trouvé un moyen d’enfiler l’aiguille en prolongation.

On doit lever notre chapeau aux Bruins. Malgré les départs de l’ex-capitaine Patrice Bergeron et David Krejci, leurs deux premiers joueurs de centre, ils ont réussi à éviter une élimination au premier tour pour une deuxième année consécutive après avoir mené 3-1.

L’entraîneur-chef, Sheldon Keefe, a émis des commentaires d’après-match qui ont fait sourciller.

« C’est très évident lorsque des équipes affrontent les Leafs (en séries), elles structurent leur jeu pour qu’on se tire dans le pied en jouant notre style de jeu habituel », a déclaré Keefe. « Et je pense que nous sommes tombés dans notre piège lors des matchs 3 et 4. Nous avons perdu en raison de la façon que nous avons joué à domicile (en misant sur l’attaque) ».

Au bout du compte c’était trop peu, trop tard. Pour Matthew Tkachuk des Panthers de la Floride, l’équipe qui a éliminé les Leafs en 2e ronde l’an passé, il ne faisait aucun doute dans son esprit que les Bruins allaient sortir victorieux. Son commentaire laisse croire que les adversaires des Leafs ne croient pas qu’ils soient bâtis pour connaitre du succès en séries.

Doit-on blâmer l’entraineur, les joueurs ou la haute direction?

On dit que le comble de l’absurdité consiste à répéter le même processus en espérant des résultats différents. Lorsque Brendan Shanahan est devenu président de l’équipe et directeur des opérations hockey des Maple Leafs il y a dix ans, il a demandé aux partisans et aux médias d’éliminer la tendance de l’organisation à prendre des « raccourcis ».

PHOTO: Ilya Samsonov a remplacé Joseph Woll qui a dû déclarer forfait pour le 7e match.

L’organisation dont il venait d’hériter avaient tendance à suivre les nouvelles tendances et changer de cap chaque fois que le vent changeait de direction. L’équipe qui n’était jamais assez bonne pour participer aux séries éliminatoires, mais jamais assez mauvaise pour repêcher dès le début de la séance afin d’accumuler des talents générationnels.

Selon Shanahan, l’organisation devait établir une culture dans laquelle le processus à long terme vers la Terre Promise devrait toujours être priorisé sur les résultats à court terme. « Le défi ici à Toronto n’est pas d’élaborer un plan; le défi à Toronto c’est de maintenir le cap », avait déclaré Shanahan en avril 2015. Les médias ont baptisé sa vision avec le nom « Shanaplan ».

Quelques mois après son entrée en fonction, les Leafs repêchent William Nylander du 8e rang au repêchage de 2014. En 2015, ils mettent le grapin sur Mitch Marner au 4e rang. L’année suivante l’équipe décroche le gros avec Auston Matthews au tout premier rang du repêchage de 2016. À l’été de 2018, John Tavares signe un contrat d’agent libre avec les Leafs et devient leur capitaine.

PHOTO La dernière fois que les Leafs ont battu les Bruins en séries c’était en 1959… John Diefenbaker était Premier ministre du Canada.

À en juger par son objectif initial, le mandat de Shanahan en tant que président de l’équipe devrait être considéré comme un succès. Toutefois Shanahan a obstinément refusé de modifier la structure de l’équipe axée sur quatre attaquants avec des gros salaires et aucun succès en séries. Si l’objectif est de remporter la Coupe Stanley, les joueurs qui devraient faire la différence en séries devraient donner espoir aux partisans que l’équipe s’approche de l’objectif.

Après dix ans en poste, le « Shanaplan » est un échec en séries. L’équipe a remporté une seule ronde en neuf tentatives. Sous la direction de Shanahan les Leafs ont désormais une fiche de 0-5 lorsqu’ils jouent un septième match. Après avoir embauché trois directeurs généraux (Lamoriello, Dubas et Treliving) et deux entraineurs (Babcock et Keefe) les résultats en séries éliminatoires devraient dicter un changement de direction. Garder Shanahan en place serait probablement le comble de l’absurdité.

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