Pourquoi les Blue Jays ciblent des lanceurs comme Dylan Cease et Cody Ponce
S’il y a bien une leçon que les Blue Jays ont tirée de leur défaite crève-cœur au septième match de la Série mondiale, c’est celle-ci : on peut avoir de la puissance au bâton, une défensive solide, du leadership, de la vitesse et du cœur… mais dans les moments qui définissent une saison ou l’histoire d’une équipe, c’est souvent un seul lanceur dominant qui fait toute la différence.

En 1988 Orel Hershiser a été le héros des Dodgers en lançant 2 matchs complets pour remporter la Série mondiale. En 2025, Yoshinobu Yamamoto a été couronné Joueur par excellence grâce à une performance déjà légendaire : trois sorties en sept matchs, seulement quatre coups sûrs au deuxième match, 96 lancers dans le sixième pour forcer un match ultime, puis 2 manches et 2/3 héroïques le lendemain pour offrir une deuxième Série mondiale consécutive aux Dodgers.
« C’est assez incroyable », avait admis le gérant Dave Roberts. « Je me sentais presque fou de le renvoyer au monticule, mais je savais que c’était notre meilleure option ». Yamamoto a validé la décision de Roberts.
Pour John Schneider et Pete Walker, le scénario était tout autre. Ils n’avaient pas ce lanceur capable de dicter le rythme d’une série, de briser la volonté d’un adversaire ou d’écrire l’histoire à lui seul.

Ils ont jonglé du mieux possible avec leur personnel, mais n’avaient ni Yamamoto, ni Shohei Ohtani, ni Blake Snell, Tyler Glasnow, Roki Sasaki en relève, ni même un vétéran comme Clayton Kershaw réduit au rôle de spectateur.
Dylan Cease et Cody Ponce, les gros coups de l’hiver
Cette réalité explique pourquoi les Blue Jays ont frappé vite sur le marché des joueurs autonomes. Le contrat de 210 millions sur sept ans accordés à Dylan Cease est l’un des plus importants de l’histoire de la franchise. La famille Rogers n’ouvre pas les cordons de la bourse sans raison. Cease s’inscrit dans une stratégie visant à faire de la rotation la colonne vertébrale de l’équipe.
Les Jays ne cherchent pas à devenir des grands dépensiers comme les Dodgers ou les Mets, ni à propulser leur masse salariale au sommet au sommet du baseball majeur en signant toutes les vedettes disponibles. Leur priorité est claire : des bras, encore et toujours.
Cease est le premier domino. Le deuxième vient de tomber en signant une entente de trois ans d’une valeur de 30 millions avec Cody Ponce. Depuis des années, les Jays renforcent leur présence en Asie-Pacifique pour identifier des talents comme Ponce, plus difficiles à évaluer depuis Toronto.

Le contrat de Ponce s’inscrit dans la même logique de solidifier la rotation avec un lanceur oublié qui semble avoir atteint son plein potentiel en Corée du Sud. Une moyenne de points mérités de 1,89, 252 retraits au bâton, une balle rapide entre 94 et 97 mi/h et un titre de Joueur par excellence dans la KBO (Corée du Sud), des statistiques qui parlent d’elles-mêmes.

Une rotation trop pleine ?
Avec l’arrivée de Cease et Ponce, il y a maintenant huit lanceurs dans la rotation des Jays. Dans un monde idéal, la rotation devrait compter cinq partants, notamment:
Kevin Gausman
Dylan Cease
Trey Yesavage
Shane Bieber
Cody Ponce
José Berríos
Eric Lauer
Bowden Francis

Kevin Gausman et Dylan Cease sont deux valeurs sûres. « Ice Cold » Trey Yesavage a été la révélation des séries et les attentes sont immenses. Shane Bieber revient d’une chirurgie Tommy John et sera géré avec prudence. Ponce devrait figurer parmi les partants. Même si le nom de Jose Berríos circule, il reste une excellente police d’assurance.

Dans une ligue où les blessures arrivent plus vite que les balles rapides, on ne peut jamais avoir trop de profondeur. Berríos et Eric Lauer possèdent aussi l’expérience pour glisser en relève longue.
Le dossier de Bo Bichette
Mark Shapiro et Ross Atkins poursuivent les discussions au sujet de Bo Bichette, qui a réaffirmé vouloir rester à Toronto. L’agent libre Kyle Tucker aurait visité les installations des Jays à Dunedin. L’équipe est-elle prête à investir pour garder Bichette et attirer Tucker afin de renforcer l’avant-champ?

Mais l’essentiel est ailleurs. Les Jays ont identifié leur faiblesse au monticule et misent sur une rotation plus profonde. Ce n’est peut-être pas la stratégie la plus excitante, mais elle s’inscrit dans la prudence légendaire d’une direction toujours soucieuse de ménager la chèvre et le chou.



