Mitch Marner explique son exile à Las Vegas après l’enfer torontois
La famille de Mitch Marner a fini par céder. Pas sur la glace, mais dans leur vie de tous les jours. Marner confie avoir embauché une compagnie de sécurité pour protéger sa femme et son nouveau bébé 24 heures sur 24 au cours des semaines qui ont suivi l’élimination des Maple Leafs face aux Panthers de la Floride.
Impossible de marcher dans son quartier avec son chien ou sa poussette sans craindre le pire. L’air était devenu irrespirable.
« Quand la sécurité de ma famille est en jeu, surtout avec un nouveau fils, ce n’est plus acceptable », a-t-il confié dans une entrevue avec le journaliste Mark Masters de TSN au camp d’orientation olympique de Hockey Canada, le jeudi 28 août. Sa voix trahissait la fatigue d’un homme qui a longtemps voulu croire qu’il pourrait résister à la tempête d’un marché torontois passionnés à l’extrême..
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Marner a expliqué que peu après son retour à la maison après la défaite 6-1 des Leafs lors du septième match, son beau-père l’a appelé pour lui dire que des partisans avaient publié son adresse en ligne.

« (Il) dit : “Je voulais juste vous informer que des gens nous envoient des captures d’écran d’un gars qui publie votre adresse en ligne et qui demande si des gens veulent venir vous rendre visite et vous dire au revoir.” Et c’était un peu difficile à entendre, évidemment », a déclaré Marner.

« On a dû vivre avec ça au cours des deux dernières années. Le marché de Toronto est très passionné. Les partisans aiment l’équipe. Je le sais. Je suis né et j’ai grandi ici. Je fais partie de la Nation des Leafs depuis longtemps. Mais oui, quand la sécurité de ma famille est en jeu, surtout avec un nouveau fils, ce n’est plus acceptable ».
En mai 2022, lui et Stéphanie Lachance avaient été victimes d’un vol de voiture à Etobicoke, sous la menace d’une arme. Les trois suspects ignoraient qu’ils braquaient Marner au volant de sa Range Rover. Mais l’incident était déjà un signe de malheur.
Son agent Darren Ferris a dressé une liste d’incidents peu rapportés dans les médias au cours d’une entrevue sur le populaire podcast 100 % Hockey plus tôt cette semaine: des objets lancés sur la propriété de Marner, la diffusion de son adresse sur les réseaux sociaux, menaces de mort, regards hostiles dans des lieux publics.
Chaque fois, la police ou des compagnies de sécurité privée intervenaient loin des regards. Chaque fois, le malaise s’installait un peu plus profondément dans l’entourage de Marner.
« On est toujours inquiet. On ne peut pas juste dire : “Ah, c’est juste les réseaux sociaux.” Parce que si quelque chose devait arriver, on pourrait le regretter pendant longtemps. Il faut donc prendre chaque situation au sérieux. C’est malheureux. Le problème, c’est que ça s’accumule. Ils s’en prennent à lui, à sa famille, à son père. La désinformation qui circule est ridicule » a déclaré Ferris.

Un divorce ordonné, en apparence
Depuis l’échange avorté à la date limite le compte à rebours était lancé. Les huées au Scotiabank Arena, les tribunes téléphoniques saturées de colère. Tout indiquait que Marner ne terminerait pas sa carrière à Toronto.
Le premier juillet, le couperet est finalement tombé. Brad Treliving, décidé de ne pas perdre un talent générationnel sans obtenir une compensation. La veille de son autonomie complète Marner a signé un contrat de huit ans d’une valeur de 96 millions de dollars avant d’être échangé immédiatement aux Golden Knights de Vegas, en retour de Nicolas Roy.

Toronto y gagnait un centre robuste et une marge de manœuvre salariale. Vegas coiffait ses rivaux en accueillant un ailier vedette. Et la LNH se sortait d’un bourbier juridique en évitant une enquête pour maraudage.
Mais derrière la mécanique froide des transactions, il y avait le cœur d’un joueur de 28 ans, né ici, formé ici. Il quitte Toronto avec des statistique prolifiques qui le classe au cinquième rang des pointeurs de l’histoire de la franchise avec 741 points en 657 matchs. Toronto a participé aux séries éliminatoires à chacune des neuf saisons de Marner.
Vegas, ville de lumières et d’excès, offre à la famille de Marner une échappatoire. Là-bas, on ne l’attend pas comme le messie. On l’accueille comme une pièce maîtresse ajoutée à une équipe qui a remporté une Coupe Stanley en 2023. Marner, sa femme et son fils pourront enfin respirer librement. Loin des menaces, loin du poids d’une ville où l’amour du hockey tourne trop souvent à une obsession cruellement maladive.



