Masai Ujiri reste en place : MLSE n’envisage aucun changement immédiat
L’arrivée de Keith Pelley à la tête de Maple Leaf Sports & Entertainment (MLSE) en janvier 2024 annonçait un vent de changement à l’état-major des équipes qui se rapportent à lui. Après plus de quarante ans au sommet des médias et du sport professionnel, il s’est bâti une réputation par son audace et sa vision stratégique.
C’est lui qui a aidé Rogers Media à orchestrer l’acquisition des droits de télédiffusion des matchs de la LNH d’une valeur de 5,2 milliards de dollars sur 12 ans. Un nouvel accord de 12 ans, deux fois plus dispendieux que le précédent, entrera en vigueur en 2026-2027.

Or, à la surprise générale, depuis son entrée en fonction en janvier 2024 Pelley observe, attend. Le jeudi 11 juillet 2024, il tranche. Le président du Toronto FC Bill Manning est le premier à écoper.
Dix mois plus tard Brendan Shanahan est remercié après onze saisons à la barre des Maple Leafs. Il continue tranquillement de faire le ménage. Pour l’instant, le président des Raptors Masai Ujiri est épargné.
Le 23 mai, lors d’un point de presse, Pelley a été questionné sur l’avenir d’Ujiri. Sa réponse fut polie, prudente, presque évasive : « Je pense que sous Masai, les Raptors ont non seulement remporté un championnat, mais aussi entamé une reconstruction, et je suis optimiste pour la saison à venir », a déclaré Pelley.
Même si les journalistes étaient assemblés pour parler du départ de Shanahan, ils sont revenus à la charge sur la situation contractuelle d’Ujiri. Pelley a dit qu’il va strictement répondre aux questions concernant les Maple Leafs.

Pourquoi tant de retenue? Ujiri n’est pas Shanahan. Il est une icône à Toronto, l’architecte du miracle de 2019. Il reste un peu plus d’un an à son contrat d’une valeur de 15 millions par saison. Le licencier coûterait cher. Très cher. Surtout en période d’austérité. En mars dernier Pelley a annoncé la suppression de 80 emplois qui touchent environ 10 % des 1000 employés à temps plein de MLSE.

Ujiri n’est pas pressé. Plusieurs équipes de la NBA, notamment les Hawks d’Atlanta, aimeraient mettre le grapin sur lui. Il a la patience d’un fin stratège. En 2021, il avait laissé son contrat expirer, devenant brièvement agent libre. Plusieurs équipes de la NBA se bousculaient au portillon avant de parapher une prolongation avec les Raptors. Ujiri pourrait bien répéter la manœuvre, selon Michael Grange du réseau Sportsnet.
Ujiri reste le dernier bastion de stabilité de l’ancien régime de l’empire de MLSE. Le consortium est en mutation avec le rachat imminent des parts de Bell par la famille Rogers. Rogers est sur le point d’obtenir 75 % des actions. Cette participation passera vraisemblablement à 100 % lorsque 25% des actions du milliardaire Larry Tanenbaum seront rachetées en juillet prochain, comme l’exige la convention des actionnaires. Tanenbaum et Ujiri ont des liens d’amitié étroits. Le départ de Tanenbaum pourrait fragiliser Ujiri si les Raptors connaissent des ratés.

Une reconstruction sous pression
Au-delà des jeux de coulisses, Ujiri veut gagner un autre titre. « Je n’ai pas savouré notre titre… Je veux en gagner un autre. Et je vous garantis que nous allons gagner », répète-t-il à qui veut l’entendre.
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Mais le décor a dramatiquement changé. Les Raptors espéraient un miracle à la loterie du lundi 12 mai 2025 à Chicago. Malheureusement ils ne repêcheront ni Cooper Flagg ni Dylan Harper. Ujiri ne perd pas espoir. Il se décrit toujours comme un recruteur dans l’âme. Lui et son état-major ont passé la dernière saison sur la route à la recherche de talents.
Le neuvième rang du repêchage a déjà produit Tracy McGrady, DeMar DeRozan et Jakob Poeltl. Et la cuvée 2025 est considérée comme l’une des meilleures depuis longtemps. Des gros noms pourraient glisser. En théorie, les deux meilleurs centres disponibles – Khaman Maluach et Derik Queen devraient toujours être disponibles lorsqu’Ujiri ou son directeur général Bobby Webster annonceront le choix des Raptors. Une transaction pour grimper? Rien n’est exclu.

Avec un peu de chance au repêchage, une ou deux transactions judicieuses, Brandon Ingram et Scottie Barnes en bonne santé, une progression des jeunes come Gradey Dick, Ja’Kobe Walter et Jamal Shead, il n’est pas difficile d’imaginer les Raptors se battre pour une place en séries. Si tout ça se concrétise, Ujiri pourra négocier un autre contrat en position de force.
À défaut de dominer le présent, Ujiri façonne l’avenir de Toronto. Lentement, méthodiquement, mais sûrement.



