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Masai Ujiri congédié : Erreur stratégique des Raptors et MLSE

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Si vous croyez que le congédiement de Masai Ujiri est strictement basé sur sa performance à titre de président des Raptors, alors comment expliquer que son directeur général et son directeur général adjoint viennent d’obtenir des prolongations de contrat? Cette question suscite perplexité et indignation à Toronto.

En congédiant Ujiri, Maple Leaf Sports & Entertainment (MLSE) ne se contente pas de tourner la page. L’organisation raye le chapitre le plus glorieux de l’histoire des Raptors. En 2019 Masai Ujiri a offert à Toronto son premier championnat depuis la victoire en Série mondiale des Blue Jays en 1993. Il transformé l’image du basketball canadien sur la scène mondiale. Plus qu’un président, il était devenu une institution connue pour son intégrité. Son départ laisse un vide impossible à combler à court terme.

PHOTO: Masai Ujiri a transformé l’image du basketball canadien sur la scène mondiale.

Pelley avait été questionné à maint reprises sur l’avenir d’Ujiri lors d’un récent point de presse pour parler du congédiement de Brendan Shanahan à la présidence des Maple Leafs. Le 23 mai sa réponse fut prudente: « Je pense que sous Masai, les Raptors ont non seulement remporté un championnat, mais aussi entamé une reconstruction, et je suis optimiste pour la saison à venir », avait déclaré Pelley.

Un mois plus tard le PDG de Maple Leaf Sports and Entertainment parle maintenant de « renouveau », de « longévité inhabituelle » et de « cycle naturel ».

« Le changement est inévitable », a déclaré Pelley pour justifier sa décision. « Treize saisons, c’est long dans un rôle de direction sportive ».

Le licenciement d’Ujiri va coûter très cher financièrement. Il reste un peu plus d’un an à son contrat d’une valeur de 15 millions par saison assorti d’une augmentation salariale de 2 % l’an prochain. MLSE doit également verser un million de dollars à Giants of Africa, l’organisme caritatif d’Ujiri.

Masai comme tout le monde l’appelle affectueusement était le dernier bastion de stabilité de l’ancien régime. L’empire de MLSE est en mutation avec le rachat des parts de Bell par la famille Rogers.  Rogers détient maintenant 75 % des actions.

La participation de Rogers passera à 100 % lorsque les actions du milliardaire Larry Tanenbaum, président de MLSE, seront rachetées en juillet prochain, comme l’exige la convention des actionnaires. Le plus grand allié d’Ujiri n’est plus en mesure de jouer l’arbitre entre Bell et Rogers pour protéger Ujiri.

PHOTO: Le départ prochain de Larry Tanenbaum a fragilisé Masai Ujiri avec les nouveaux patrons de MLSE.

Un article du Toronto Sun dévoile ce que les journalistes affectées à la couverture des Raptors chuchotent depuis longtemps. « C’est Edward Rogers qui a fait ça », a déclaré un informateur du journal. « Il n’aime pas Masai. Si Larry Tanenbaum était toujours aux commandes, Masai dirigerait toujours les Raptors » a-t-il ajouté.

Pelley et Ujiri jouent la comédie en public

Plus troublant encore : pourquoi attendre après le repêchage pour le remercier? Si MLSE avaient l’intention de lui montrer la porte, ils auraient dû le faire avant le repêchage, pas le jour suivant.

PHOTO: Masai Ujiri était encore aux commandes lors de la sélection de Collin Murray-Boyles, 9e choix au total en juin 2025.

Ujiri était encore aux commandes lors de la sélection de Collin Murray-Boyles, 9e choix au total. Il a dirigé le repêchage comme si de rien n’était. Selon le chroniqueur du réseau Sportsnet Michael Grange rien ne laissait croire qu’un congédiement était imminent. Un agent a même affirmé avoir échangé avec Ujiri le matin même de son congédiement.

« C’est choquant », a-t-il déclaré. Ou c’est simplement la preuve qu’Ujiri sait garder un secret.

En coulisses, les jeux étaient déjà faits. Pelley a affirmé que Ujiri, fidèle à lui-même, avait choisi de respecter la confidentialité du processus jusqu’au bout. « Masai m’a dit que s’il devait y avoir un changement, il faudrait que ce soit après le repêchage, pour ne pas nuire à l’organisation ». Un geste qui témoigne que Masai avait cerné les intentions de ses nouveaux patrons et qu’il avait, une fois de plus, choisi de faire passer les intérêts de l’équipe avant sa fierté personnelle.

PHOTO: Masai Ujiri est le troisième président à être congédié apr Keith Pelley.

Treize saisons, une culture instaurée, un championnat historique, des mouvements de personnel audacieux — de Kyle Lowry à Kawhi Leonard à en passant par Scottie Barnes — et un respect quasi unanime à travers la NBA. Masai Ujiri n’abandonne pas les Raptors. Ce sont les Raptors qui abandonnent leur plus grand atout.

PHOTO: Masai Ujiri a fait des mouvements de personnel audacieux allant de Kyle Lowry à Kawhi Leonard à en passant par Scottie Barnes.

Pelley parie gros. Après Brendan Shanahan au hockey et Bill Manning au soccer, Ujiri est le troisième président à être congédié. Contrairement aux deux autres, Ujiri quitte avec une réputation intacte, et un palmarès enviable. Chaque défaite des Raptors, chaque erreur de développement, chaque décision douteuse, le nom de Masai reviendra hanter les couloirs du Scotiabank Arena. Son successeur, quel qu’il soit, travaillera toujours dans l’ombre du géant Ujiri.

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