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Blue Jays

Les Blue Jays s’inclinent en prolongation : la fin cruelle d’une saison magique

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Jusqu’aux derniers instants d’un septième match envoûtant au Centre Rogers, il semblait que l’ère de Vladimir Guerrero Jr. et Bo Bichette allait culminer par un championnat inespéré.

Bichette, absent des deux rondes précédentes face aux Yankees et aux Mariners en raison d’une blessure, avait ramené l’espoir dès la troisième manche. Son coup de circuit de trois points — un véritable tour de force — a fait trembler la ville. Ce soir-là, tout le Canada y a cru.

Mais au lieu du triomphe, c’est l’effondrement. Brutal, déchirant. Les Dodgers de Los Angeles ont conservé leur titre en orchestrant une remontée spectaculaire, conclue par une victoire de 5 à 4 en manches supplémentaires. Une fin cruelle pour une équipe et un pays qui s’étaient mis à rêver d’un nouveau printemps en novembre.

« J’aurais tellement aimé qu’on gagne ensemble », a murmuré Bichette dans le vestiaire, les yeux rougis. L’émotion débordait, le regret aussi. « J’aurais aimé partager ce moment avec lui », ajouta-t-il, parlant de Guerrero.

PHOTO: Vladimir Guerrero Jr. redoute de perdre Bo Bichette son ami de toujours, à l’approche du marché des joueurs autonomes.

Pour Guerrero, la défaite a une saveur plus amère encore. Il redoute de perdre son ami de toujours, à l’approche du marché des joueurs autonomes. « Je crois que j’ai plus apprécié ce coup de circuit que lui », a-t-il dit, la voix brisée. « J’aurais adoré finir ma carrière à ses côtés. Mais c’est le marché. Il doit saisir sa chance et vivre sa vie ».

Guerrero, qui a signé un contrat de 500 millions de dollars au début de la saison, sait trop bien que la loyauté n’est plus la monnaie d’échange du sport moderne.

PHOTO: La couverture du Toronto Star le dimanche 2 novembre 2025.

L’incertitude planait comme une brume épaisse dans le vestiaire des Blue Jays. Les larmes coulaient à flots, non seulement pour la défaite, mais parce qu’une telle alchimie — de talent, de confiance, d’amitié — ne se reproduira peut-être jamais. Toronto a attendu 32 ans pour revoir son équipe en Série mondiale. Et à l’instant même où le rêve semblait à portée de main, il s’est éteint.

Les Dodgers : Une super-équipe de baseball à 350 millions de dollars

Au bout du compte, les Dodgers étaient bel et bien l’équipe étoile qu’on redoutait. Ils avaient failli tromper tout le monde, donnant l’impression d’être vulnérables après un été marqué par les blessures et un enclos chancelant. On a voulu croire que la formation la plus coûteuse de l’histoire du baseball pouvait flancher devant l’alignement méconnu, mais vaillant de Toronto.

PHOTO: Yoshinobu Yamamoto (au milieu), un des 3 japonais des Dodgers, a été nommé Joueur par excellence — une conclusion écrite dans l’encre d’un contrat à 325 millions sur 12 ans.

Mais à la fin, les champions en titre ont justifié les 350 millions dépensés pour ces moments où l’argent achète la profondeur, la constance et les nerfs d’acier. Ils n’ont même pas eu besoin d’un futur membre du Temple de la renommée comme Clayton Kershaw, laissé de côté, pour imposer leur loi. Pendant sept matchs, les Blue Jays ont pourtant livré bataille avec une intensité farouche sur la plus grande scène du baseball.

Le site satirique américain The Babylon Bee a résumé avec ironie la frustration torontoise : « L’un des investissements les plus risqués du sport a finalement porté fruit : les Dodgers de Los Angeles ont acheté leur deuxième Série mondiale consécutive ».

Les Dodgers ont vaincu les Blue Jays en prolongation du septième match, remportant la Série mondiale grâce à quelques jeux décisifs. Ils deviennent ainsi la première équipe à défendre son titre depuis les Yankees de Derek Jeter, il y a un quart de siècle.

PHOTO: Après 32 ans d’attente George Springer ramène les Blue Jays à la Série mondiale.

Ce fut une Série mondiale d’anthologie : sept matchs d’une intensité rare, un combat où Toronto, combatif et audacieux, a fait trembler un géant. La rencontre décisive, amorcée le samedi 1er novembre et conclue dans la nuit de dimanche, s’est terminée sur un coup fatal qui a glacé le Centre Rogers.

Le héros californien s’appelle Will Smith. Repêché en première ronde en 2016, le receveur étoile a frappé un coup de circuit au champ gauche contre Shane Bieber, offrant pour la première fois l’avance aux Dodgers. Un coup aussi sec que symbolique. Un talent né et développé dans l’organisation des Dodgers.

PHOTO: Le lanceur vedette japonais, Yoshinobu Yamamoto qui avait lancé 96 balles la veille, a enregistré les huit derniers retraits.

Yoshinobu Yamamoto, lanceur vedette japonais, qui avait lancé 96 balles la veille, a enregistré les huit derniers retraits, impassible, presque irréel. Son bras semblait de fer, son visage de marbre. Il a été nommé Joueur par excellence — une conclusion écrite dans l’encre d’un contrat à 325 millions sur 12 ans, signé avant même qu’il n’ait lancé une seule balle en Amérique du Nord.

Deux ans plus tard, Yamamoto est double champion du monde. La saison magique des Blue Jays s’achève donc dans un silence lourd, celui des rêves brisés et des promesses suspendues. Peut-être qu’un jour, on parlera de cette défaite comme d’un commencement plutôt que d’une fin — le prélude d’une ère enfin mûre pour les grands honneurs. Pour l’instant, Toronto pleure.

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