L’embauche de Jim Hiller divise Toronto dans un climat d’incertitude chez les Maple Leafs
Après avoir laissé échapper un soupir de soulagement en voyant Mitch Marner s’incliner en finale de la Coupe Stanley face à l’équipe qu’il avait refusé de rejoindre un an plus tôt à la date limite des transactions, l’embauche de Jim Hiller comme entraineur-chef des Maple Leafs laisse la majorité des observateurs perplexes.

Il y avait une logique relativement facile à suivre pour justifier l’embauche de ses trois prédécesseurs. En 2015, Mike Babcock débarquait auréolé de sa Coupe Stanley remportée avec les Red Wings en 2008. En 2019 Sheldon Keefe a obtenu une promotion du club-école à la grande scène. Cinq ans plus tard Craig Berube, fort de sa Coupe Stanley surprise avec St. Louis, revenait à Toronto, cette fois-ci comme entraineur.
Le successeur de Berube devient le quatrième entraîneur-chef des Leafs depuis l’arrivée d’Auston Matthews en 2016.
Pendant que Bruce Cassidy, John Tortorella et Patrick Roy sont encore disponibles, la feuille de route de Jim Hiller semble difficilement comparable. Si les Sabres ou les Blue Jackets l’avaient embauché, personne n’aurait sourcillé. Mais les Toronto fait partie des six équipes originales. Malgré les dysfonctions organisationnelles, les Leafs ont du prestige, des partisans passionnés et un carnet de chèques capable d’attirer les meilleurs entraîneurs de la planète.
L’ex-directeur général des Flames de Calgary et analyste à TSN est une des rares voix à accueillir favorablement la nomination de Hiller. « J’adore la nomination de Jim Hiller. Il arrive ici en terrain connu avec une familiarité avec Morgan Rielly, Auston Matthews, William Nylander, John Tavares à leurs débuts », affirme Button. « Il aura seulement besoin de renouer les relations qu’il avait déjà avec le noyau de l’équipe ».
Il y a quelques semaines Chris Johnston à The Athletic rapportait que Matthews ne savait pas s’il souhaite écouler les deux dernières années de son contrat à Toronto compte tenu de tout le remue-ménage : congédiement de Brendan Shanahan à la présidence, Brad Treliving au poste de directeur général, congédiement de Craig Berube derrière le banc, départ de Mitch Marner, nomination controversée de John Chayka comme directeur général et sa décision d’embaucher Hiller.

Les discussions entre l’agent de Matthews, Judd Moldaver, et le nouveau directeur général des Leafs, John Chayka, ont été positives, laissant entrevoir une évolution favorable. Selon l’informateur de TSN Pierre LeBrun tout est maintenant au beau fixe. « À moins d’un événement imprévu dans les prochaines semaines, le capitaine des Leafs sera de retour à Toronto la saison prochaine » affirme LeBrun.
L’inexpérience de Hiller pour relancer la carrière de Matthews
Avant l’arrivée de Craig Berube, Auston Matthews venait de compter 69 buts. Sous un système plus défensif et physique, sa production a ensuite chuté à 33 puis à 27 buts, en plus de rater respectivement 15 et 22 matchs en raison d’une blessure dont la nature est demeurée nébuleuse.

Après une saison jugée catastrophique, les Leafs confient maintenant à Jim Hiller la lourde mission de relancer leur capitaine et de ramener l’équipe en séries sans tout reconstruire.

Hiller débarque dans le plus gros marché de la LNH avec seulement 175 matchs d’expérience comme entraîneur-chef. Nommé par intérim après le congédiement de Todd McLellan en 2024, il n’a complété qu’une seule saison entière avant d’être remercié au cours de sa deuxième campagne à Los Angeles.

Son dossier éliminatoire n’inspire pas davantage confiance. Sous ses ordres, les Kings ont été éliminés dès le premier tour.
"Players don't respect him. He's the kind of guy you never win with… He doesn't read the game well, he doesn't react to what's going on in the game."
— The Sheet with Jeff Marek (@thesheethockey) June 19, 2026
– An NHL Source on Jim Hiller earlier in the season
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Relancer Auston Matthews représente également un défi colossal. La principale force de Hiller à Los Angeles était sa capacité à limiter les buts adverses. Son point faible, en revanche, résidait dans le style de jeu proposé. Après avoir hérité un système 1-3-1 soporifique de McLellan, il a implanté son propre système défensif en 1-2-2. Les Kings sont alors devenus l’une des équipes les plus ennuyeuses de la ligue… sans pour autant connaître le moindre succès en séries.

Manifestement, l’état-major des Leafs voit chez Hiller quelque chose qui échappe au commun des mortels. Peut-être modifiera-t-il son approche. Peut-être est-il l’antidote miracle aux maux chroniques de cette organisation. Mais il est difficile de ne pas demeurer perplexe. Si l’on donnait carte blanche aux plus grands esprits du hockey pour choisir un nouveau directeur général et un nouvel entraîneur pour relancer les Maple Leafs, il est difficile d’imaginer que John Chayka et Jim Hiller auraient été le tandem gagnant.



