Le spectre de la taxe de luxe avec le contrat de Brandon Ingram
L’état-major des Raptors fait un pari de 120 millions de dollars sur trois ans que Brandon Ingram va favoriser l’accélération de la reconstruction de l’équipe. En hypothéquant des choix au repêchage pour amener Ingram à Toronto le président Masai Ujiri et son directeur général Bobby Webster posent des gestes concrets pour dire aux partisans qu’ils continueront d’ajouter des joueurs de haut niveau chaque fois qu’ils pourront le faire.
Hypothéquer des choix au repêchage n’est pas un pari aussi risqué qu’à première vue. Avant de faire l’acquisition d’Ingram de la Nouvelle-Orléans en retour de Bruce Brown, Kelly Olynyk et d’un choix de premier tour en 2026 et de deuxième tour en 2031 les Raptors avaient déjà négociés une prolongation de contrat avec l’agent d’Ingram. Selon le journaliste Jake Fischer, Ingram aurait refusé une prolongation de quatre ans d’une valeur de 160 millions de dollars avec les Pelicans pour devenir agent libre l’été prochain.

Bref, les Raptors ont réussi un tour de force en ciblant une vedette américaine qui voulait sincèrement venir jouer au Canada.
Malgré son historique de blessures, Ujiri et Webster prennent un risque calculé. En presque dix ans dans la NBA, Ingram n’a jamais joué plus que 64 matchs en saison régulière. Durant son année recrue il avait réussi à jouer 79 matchs, un sommet en carrière. Ingram a passé six saisons avec les Pelicans. Il avait été la pièce maitresse dans l’échange qui avait envoyé Anthony Davis aux Lakers en juillet 2019. Il a marqué en moyenne 20 points ou plus par match au cours de chacune de ses six années en Nouvelle-Orléans.

Les Raptors estiment qu’Ingram va bien s’intégrer aux côtés d’Immanuel Quickley, Scottie Barnes, RJ Barrett et Jakob Poeltl. Malgré les similitudes des styles de jeu de Barnes, Barrett et Ingram, l’entraîneur-chef Darko Rajakovic devra utiliser sa créativité pour éliminer les dédoublements pour que ça fonctionne sur le terrain.
Si ça ne fonctionne pas, les Raptors ont quelques mesures correctives à leur disposition. RJ Barrett touchera environ 28 millions de dollars au cours des deux prochaines saisons ce qui le rend abordable pour les équipes qui voudraient obtenir ses services. Avec une autre année à écouler à son contrat, la direction a choisi de garder Poeltl à la date limite des échanges. S’il exerce son option de joueur, Poeltl pourrait devenir agent libre dès l’été 2026 et libérer de la masse salariale.

Enfin, malgré sa popularité Chris Boucher pourrait écoper par l’arrivée d’Ingram. N’ayant pas pu l’échanger la semaine passée Boucher deviendra agent libre cet été.

Le spectre de la taxe de luxe
L’équipe chargée de comptabiliser la masse salariale des Raptors a fait ses devoirs avant d’approuver l’échange d’Ingram. Ces personnes connaissent très bien les règles du plafond salarial dans la NBA et le seuil d’imposition de la taxe de luxe sur la masse salariale.

Dans environ 15 mois, l’équipe pourrait devoir payer la taxe de luxe. Doug Smith du Toronto Star rapporte un commentaire émis par le directeur général Bobby Webster tout juste avant la date limite des échanges. Webster montre qu’il ne veut pas être hanté ou paralysé par le spectre de la taxe de luxe. « Je pense que la seule chose qui a changé depuis 2017, 2018 et 2019, c’est que les équipes doivent accepter cette réalité même si elles ne sont pas encore près de remporter un championnat, n’est-ce pas ? Je pense donc qu’il y a un petit changement ici, à savoir, êtes-vous prêt à être taxé parce que vous pensez pouvoir gagner un titre, ou êtes-vous prêt à être taxé parce que vous pensez pouvoir faire les séries ou atteindre le deuxième tour en séries? »
« Je pense que c’est en quelque sorte l’équilibre que nous devons trouver, mais ce sont probablement des décisions que nous prendrons pour l’avenir ».
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Lorsque les Raptors ont amorcé la saison, ils avaient quatre objectifs. Tout d’abord, développer les recrues et voir comment elles jouent. Deuxièmement rechercher une cohésion parmi les jeunes. Troisièmement, ajouter du talent à la date limite des échanges si possible. Finalement gérer leur masse salariale avec aplomb.
Selon moi, le premier objectif a déjà été atteint. Shead et Walter sont très prometteurs, Mogbo est intrigant et Ulrich Chomche a peut-être un avenir. Le deuxième objectif semble en cours de route. La cohésion des jeunes n’est pas encore au rendez-vous, notamment en raison des blessures. L’acquisition d’Ingram coche la troisième et la quatrième case. Darko Rajakovic doit maintenant s’assurer que ça va fonctionner sur le terrain.



