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Maple Leafs

Le retour de Joseph Woll ne suffit pas à sortir les Maple Leafs de leur torpeur

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Pour plusieurs observateurs, le début de saison en dents de scie des Maple Leafs trouve ses racines dans un problème trop familier : l’absence de stabilité devant le filet. Plutôt que de consolider le tandem Anthony Stolarz – Joseph Woll comme l’an dernier, Toronto a mis en scène une véritable chaise musicale depuis le camp d’entraînement.

À peine un quart de la saison écoulé, déjà quatre gardiens ont été lancés dans la mêlée : Stolarz, Cayden Primeau, Dennis Hildeby et, enfin, Joseph Woll, qui vient de jouer son premier match en six mois.

Les Leafs fondaient pourtant beaucoup d’espoir sur le retour de Woll. À 27 ans, il sortait d’un bref séjour de conditionnement avec le club-école — un match et demi, une fiche de 0-1-1, et un taux d’efficacité de 0,885. Rien qui inspire la sérénité, mais assez pour montrer à quel point la direction voulait précipiter son retour.

À son retour au début du mois de novembre le mystère sur son absence prolongée demeure entier. « Tout ce que je dirai concernant mon absence, c’est que je suis déçu d’avoir manqué du temps et très heureux d’être de retour. J’aimerais donc que l’attention se porte sur mon travail ici », a déclaré Woll aux journalistes au centre d’entraînement des Leafs le vendredi 7 novembre.

PHOTO: Joseph Woll vient de jouer son premier match en six mois.

Cinq jours après l’ouverture de la saison, Woll quittait subitement l’équipe pour des « raisons personnelles ». Pour boucher les trous, les Leafs ont tenté l’expérience Cayden Primeau via le ballotage. Essai bref, expérience avortée. Le Suédois Dennis Hildeby, jeune espoir de 24 ans, s’est alors retrouvé substitut, presque par accident.

PHOTO: Le Suédois Dennis Hildeby, jeune espoir de 24 ans, s’est alors retrouvé substitut presque par accident.

Ironie du sort : avec quelques apparitions en relève et un départ, il détient aujourd’hui le meilleur taux d’efficacité du groupe (0,904). Mais aucune victoire. Rien pour éclairer un tunnel sombre qui s’allonge.

Et puis, Woll est de retour. Mais son retour n’a rien changé.

Malgré une performance solide, les Leafs ont encaissé une cinquième défaite consécutive le samedi 15 novembre à Chicago. Toronto n’avait pas traversé un tel désert depuis novembre 2019. Pour une équipe pour qui la saison régulière est devenu une formalité vers les séries, ce passage à vide sonne l’alarme. Il expose les fissures, les doutes, et peut-être même certains angles morts au sein de l’organisation.

L’insoutenable pression qui pèse sur les Leafs

Au milieu de ce tumulte, Morgan Rielly s’est porté volontaire pour jouer le rôle de pompier linguistique. « Quand on est confronté à un défi, on est complètement absorbé, et ça peut être difficile. Mais on a une grande confiance en nous », a expliqué le vétéran après la défaite 3-2 le samedi 15 novembre contre les surprenants Blackhawks.

La grogne interne monte depuis plusieurs semaines. Après une défaite de 5-4 contre les Hurricanes, les joueurs se sont réunis à huis clos avec les entraîneurs. L’informateur Elliotte Friedman du réseau Sportsnet a qualifié l’atmosphère de « directe », « intense » et « brutale » et que « certains joueurs avaient été pris à partie ».

Un mois avant cette réunion à huis clos le gardien, Anthony Stolarz, avait publiquement fustigé ses coéquipiers pour leur manque d’effort après une défaite en prolongation contre le Kraken de Seattle.

Le lendemain, tout le monde clamait que « tout allait bien ». William Nylander, pointé du doigt pour sa couverture déficiente en prolongation, jurait que l’incident était clos. Mais un mois plus tard, les chiffres trahissent le vernis. Les Leafs sont devenus l’une des pires équipes défensives de la LNH.

Depuis son coup d’éclat du 18 octobre, Stolarz a vu ses statistiques s’effondrer : moyenne de 4,05, taux d’efficacité de 0,876. 27e sur 32 gardiens ayant disputé au moins neuf matchs.

L’ex-dure à cuire et entraineur-chef Craig Berube, lui, ne tourne pas autour du pot : « Cette saison, on ne valorise pas assez l’aspect défensif. » On pourrait difficilement être plus précis.

Les attaquants multiplient les revirements, cherchent les jeux à haut risque, nourrissent les contre-attaques adverses. C’est un style de hockey qui n’a rien de durable.

PHOTO: L’entraineur-chef Craig Berube n’est pas étranger aux projets de redressement de clubs en début de saison.

Et alors, une question se pose : est-ce que la magie qui avait propulsé Berube vers une Coupe Stanley à St. Louis peut encore s’opérer ici ? Toronto a besoin de cohésion, de stabilité devant les filets et d’un sens renouvelé de ses responsabilités en défensive. Sans un meilleur engagement collectif, la mauvaise passe actuelle pourrait compromettre une participation en séries.

Et ça, à Toronto, c’est le scénario catastrophique.

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