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Hockey LNH

Le nouveau stratagème des Coyotes pour rester en Arizona

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Comme le personnage de la bande dessinée de Looney Tunes, les Coyotes de l’Arizona ne cessent d’inventer de nouveaux stratagèmes pour capturer l’objet de leur convoitise sans jamais y arriver. Le référendum de mai dernier s’est soldé en pétard mouillé où les Coyotes se sont fait prendre à leur propre piège. Leur proposition référendaire pour construire un mégaprojet d’une valeur de 2,3 milliards $ US sur des terrains publics a été rejetée par 56 % de la population. Du même coup l’équipe se retrouve à la case de départ coincé indéfiniment dans la Mullett Arena, un petit aréna collégial. Si vous vous posez la question, le nom de l’amphithéâtre n’a rien à voir avec la coupe de cheveux popularisée dans les années 90 par Jaromir Jagr, mais en l’honneur de Donald et Barbara Mullett, deux bienfaiteurs de l’Arizona State University.

Jamais à court de stratagèmes, les propriétaires des Coyotes veulent maintenant acheter un terrain privé pour éviter la tenue d’un autre référendum et le spectre d’un autre échec. Cette tactique leur permet de gagner du temps et de calmer la grogne parmi certains joueurs de l’équipe.. « Nous pouvons confirmer que le propriétaire, président et gouverneur des Coyotes, Alex Meruelo, a signé une lettre d’intention pour l’achat d’un lopin de terre situé à Mesa, en Arizona, qui pourrait accueillir un aréna et un quartier de divertissement pour le club », peut-on lire dans un communiqué.

« L’équipe […] veut faire de l’Arizona le lieu d’implantation permanent du club. Outre cette propriété à Mesa, le club continuera d’explorer d’autres sites potentiels dans l’East Valley. »

Bien que le communiqué martèle le désir des propriétaires de garder l’équipe en Arizona en permanence, l’équipe change constamment d’adresse depuis son arrivée en 1996. Au départ, les Coyotes jouaient à l’America West Arena (maintenant Footprint Center), une salle polyvalente partagée avec les Phoenix Suns de la NBA. Cependant, cette configuration a posé des défis importants en raison de l’entretien de la glace et des conflits d’horaire.

Au fil des ans, les Coyotes ont poursuivi plusieurs propositions pour construire un nouvel aréna financé par l’État. Une tentative importante a eu lieu en 2001 lorsqu’ils ont cherché un site à Scottsdale, mais leur proposition s’est heurtée à l’opposition des résidents. Plus tard, en 2015, l’équipe a proposé un nouvel aréna au centre-ville de Phoenix, mais encore une fois, les plans ne se sont pas concrétisés.

Par la suite, les Coyotes ont dû recourir à des solutions de rechange. De 2003 à 2014, ils ont joué à la Glendale Arena (aujourd’hui Gila River Arena) à Glendale. Cependant, des problèmes liés à l’emplacement et aux baux sont survenus, ce qui les a conduits en 2021 au Mullet Arena de l’Arizona State University. L’amphithéâtre temporaire des Coyotes ne se compare même pas au nouvel aréna de l’University of North Dakota.

Est-ce que Marcel Aubut et les défunts Nordiques ont obtenu la même clémence du Commissaire de la Ligue Nationale de Hockey? Poser la question, c’est y répondre. Dans les années qui ont précédé le départ de Nordiques la LNH faisait toujours planer le doute sur la solidité de la communauté d’affaires de Québec et la viabilité d’un amphithéâtre moderne avec des loges corporatives. Avec le recul des années, lorsqu’on compare les 18,000 sièges du Centre Videotron avec la capacité limitée à 5000 places de la Mullett Arena, on doit conclure que la LNH voulait tout simplement quitter un petit marché francophone pour le sud des États-Unis.

La Mullett Arena est maintenant la cible des critiques. Le nouveau directeur exécutif de l’Association des Joueurs de la Ligue Nationale de Hockey cache mal son malaise. Marty Walsh croit que cet amphithéâtre n’est tout simplement pas à la hauteur et donne à la ligue l’image d’un parent pauvre. Walsh et Bettman ont regardé ensemble le dernier match de la saison régulière des Coyotes à l’intérieur de la Mullett Arena pour discuter des problèmes de la franchise.

« Nous avons eu un très bon dialogue ouvert sur de nombreuses questions », Walsh a affirmé sur le ton diplomatique lors de son passage à l’émission The Bob McCowan Podcast à Toronto à la fin du mois de juin, six semaines avant l’annonce de l’offre d’achat des Coyotes pour un terrain situé à Mesa. S’adressant à John Shannon et Paul Jones qui animaient l’émission en l’absence de McCowan, Walsh a essayé de traduire succinctement le malaise qu’ont exprimé plusieurs joueurs lors de sa visite en Arizona. 

« Être colocataire d’un petit aréna collégial en plus de ne pas avoir la priorité sur les installations de la bâtisse ajoute du sel à la plaie » explique Walsh.  

Quebec City inaugurates hockey arena with record-breaking crowd - Montreal  | Globalnews.ca
PHOTO: Jacques Boissinot/The Canadian Press.

Même si le désert de l’Arizona demeure une terre aride pour le hockey professionnel, le Commissaire Gary Bettman continue de balayer du revers de la main la possibilité d’une relocalisation des Coyotes. Même si Bettman changeait son fusil d’épaule, un autre obstacle important nuit à la candidature de la ville de Québec. Il y a maintenant 16 équipes dans chaque association depuis l’arrivée du Kraken de Seattle. C’est une parité fragile que la LNH ne veut pas endommager. Relocaliser une équipe de l’Ouest dans l’Est (à Québec par exemple) forcerait un remaniement des deux associations et risque de créer des mécontents. 

Pendant plusieurs années les Maple Leafs de Toronto et les Red Wings de Detroit ont demandé à être muté dans l’Association de l’Est afin de minimiser le désavantage de devoir se battre pour une place en séries contre des adversaires qui évoluent dans des fuseaux horaires différents. Le vœu des Leafs a finalement été exaucé en 1998 et celui des Wings en 2012. Pour des raisons pratiques, en cas de déménagement des Coyotes, San Diego (une 4e équipe en Californie pourrait amadouer Gary Bettman), Salt Lake City, Kansas City, Houston et Portland semblent des destinations plus probables que la Vieille Capitale. Pour le moment, M. Bettman préfère l’Arizona.

Coyotes' Arena Special Election Results Expected Next Week – Sportico.com
PHOTO: Christian Petersen/Getty Images.

« C’est un marché formidable », a déclaré M. Bettman dans une entrevue accordée à Pierre LeBrun dans The Athlelic. « Il y a beaucoup de fans de sport là-bas. C’est un marché en pleine croissance. C’est l’un des plus grands marchés d’Amérique du Nord. Et je pense que le club et par implication les fans ont été dans des situations qui ont été malheureuses, et peut-être qu’ils ont été un peu victimes des circonstances. Et donc si nous pouvons faire fonctionner quelque chose… nous en sommes maintenant au stade où la ligue, les propriétaires, nos équipes sont fortes. Nous sommes mieux placés pour résister au déménagement qu’il y a 20 ou 30 ans. Nous voulons nous assurer que nous explorons toutes les options à ce stade où nous en sommes avant d’envisager de devoir déménager un club, et j’espère que nous n’aurons pas à le faire », Bettman a expliqué à Pierre LeBrun.

Coyotes : Chronique d’une mort annoncée

Même si Walsh et Bettman se parlent régulièrement depuis son entrée en fonction en mars dernier, les deux hommes ne semblent pas être sur la même longueur d’ondes quant à l’avenir immédiat des Coyotes. 

Walsh veut connaitre le plus tôt possible l’échéancier que les propriétaires des Coyotes se sont fixés pour bâtir un nouvel amphithéâtre. Si rien de concret ne se matérialise d’ici la mi-saison, les Coyotes devraient-ils déménager? « J’ai été très clair. J’ai dit que les joueurs méritaient de jouer dans un aréna du calibre de la LNH » a répondu Walsh a une question de Greg Wyshynski d’ESPN avant d’ajouter.

« Voulez-vous rester dans cet aréna pendant encore 2 ou 2 ans et demi pendant qu’un nouvel amphithéâtre est en construction? Il y a une grosse différence entre commencer la saison sans savoir si un nouvel aréna sera construit et amorcer la saison en connaissant l’échéancier pour la construction d’un nouvel aréna, ça change la dynamique », a déclaré Walsh.

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PHOTO: Erin Scott/Reuters.

Marty Walsh jouit d’une longue expérience politique en tant qu’ancien maire de la ville de Boston et de secrétaire au Travail dans l’Administration de Joe Biden à Washington. Bien avant l’annoncer de la signature d’une lettre d’intention pour acheter un lopin de terre, Walsh semblait voir venir la tactique de diversion des Coyotes et de Gary Bettman pour remettre le compteur à zéro. 

« Je ne connais pas les règles et le processus des propriétaires de l’équipe. Mais je veux que les joueurs que je représente jouent dans un aréna qui représenté le calibre de la Ligue Nationale de Hockey », Walsh a ajouté. « Il y a encore beaucoup de chemin à faire. » 

L’Association des joueurs de la LNH a embauché Walsh en tant que directeur exécutif en février 2023. Walsh succède à Don Fehr, qui aura occupé le poste pendant plus d’une décennie. Walsh qui est un partisan des Bruins arrive à un moment où les revenus de la LNH sont à la hausse et l’échéance de la convention collective s’approche tranquillement.

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