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Blue Jays

La saison décevante de Vladimir Guerrero Jr. à l’image des Blue Jays

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Si les Blue Jays n’arrivent pas à se qualifier pour les séries après avoir perdu dans le septième match de la Série mondiale, il y a fort à parier que Vladimir Guerrero Jr. deviendra automatiquement le principal bouc émissaire.

Le joueur vedette écoule la première saison d’un contrat pharaonique d’une durée de 14 ans et d’une valeur de 500 millions de dollars. Le plus gros de l’histoire de l’équipe.

Avec une production largement inférieure à ses statistiques en carrière, Mark Shapiro et Ross Atkins doivent espérer que cette saison représente une aberration plutôt qu’un aperçu inquiétant des 13 années qui restent à son contrat.

En date du 3 septembre, les Blue Jays se retrouvent à un match et demi d’une place en séries dans la course aux équipes repêchées. Toutes ses rivales de la Division Est de la Ligue américaine ont encore une chance de se qualifier!

PHOTO: En date du 3 septembre, les Blue Jays sont à un match et demi d’une place en séries dans la course aux équipes repêchées.

Si Toronto termine à une ou deux victoires d’une participation aux éliminatoires, la conclusion sera difficile à éviter : son joueur le mieux payé n’aura pas été à la hauteur de son salaire ni des attentes.

PHOTO: Juan Soto et Vladimir Guerrero Jr. se connaissent depuis l’adolescence en République dominicaine.

La conjoncture entourant ce contrat monstre nous fait parfois oublier que Guerrero connaissait une saison relativement ordinaire avant son explosion en séries l’an passé. La réalité c’est qu’après avoir échoué successivement dans leurs tentatives de convaincre Shohei Ohtani et Juan Soto de venir à Toronto, la direction des Jays est en partie responsable de la flambée des salaires.

PHOTO : La direction des Jays est en partie responsable de la flambée des salaires.

Ohtani et Soto ont respectivement signé des contrats d’une valeur de 700 et 500 millions de dollars sur le marché des joueurs autonomes avec les Dodgers et les Mets.

C’était écrit dans le ciel que Guerrero allait faire sauter la banque, à Toronto ou ailleurs, s’il devenait joueur autonome.

Depuis 2019, l’identité des Blue Jays tourne largement autour de lui. L’idée de voir le fils de Vladimir Guerrero quitter le Canada comme son père avait quitté Montréal constituait un scénario cauchemardesque pour l’organisation.

La direction avait donc peu d’options.

PHOTO: Depuis ses débuts dans les majeures en 2019, l’identité des Blue Jays tourne autour de Vladimir Guerrero Jr.

Ses performances exceptionnelles en séries avaient relégué toutes les inquiétudes au second plan. Il incarnait exactement ce que Toronto attend d’une superstar. Il a dominé Aaron Judge contre les Yankees, devancé Cal Raleigh en Série de championnat contre le Mariners et presque rivalisé avec Shohei Ohtani en Série mondiale.

Son OPS après trois rondes éliminatoires — 18 matchs — s’élevait à 1,289. Des statistiques qui le plaçaient dans le voisinage des légendes comme Lou Gehrig et Babe Ruth.

Le passage à vide de Guerrero Jr.

À quoi ressemblera Vladimir Guerrero Jr. lorsqu’il atteindra la fin de la trentaine en 2039? Vaut mieux éviter la question pour l’instant en se croisant les doigts.

Sa puissance a pratiquement disparu à domicile. Pourtant les Jays affichent un bilan respectable de 37 victoires et 35 défaites à domicile avec une des plus grosses et bruyantes foules de la Ligue américaine. Son dernier circuit à Toronto remonte au 17 août 2025. Plus d’un an sans envoyer une balle dans les gradins du Centre Rogers. Avec seulement 9 matchs à jouer à domicile Guerrero a très peu de temps pour se racheter.

La statistique la plus révélatrice est probablement son Wins Above Replacement, mieux connu sous l’acronyme WAR.

Selon le site FanGraphs, toutes les statistiques offensives de Guerrero cette saison sont bien en dessous de sa moyenne historique.

En termes simples, le WAR tente d’estimer combien de victoires supplémentaires un joueur contribue au succès de son équipe comparativement à un joueur ordinaire sans impact.

Le WAR d’un joueur marginal tourne autour de zéro. Une vedette se situe généralement autour de cinq. Un joueur qui dépasse huit entre dans le territoire des candidats au titre de joueur par excellence.

Durant la majeure partie de sa carrière, le WAR de Guerrero a oscillé autour de cinq victoires supplémentaires pour les Jays.

L’an dernier, même lors d’une saison considérée comme relativement moyenne, il avait affiché un WAR de 4,6.

Si Guerrero répliquait simplement son niveau de production ordinaire de l’an dernier, les Blue Jays seraient presque assurés d’une place en séries.

PHOTO: En date du 3 septembre, toutes les rivales des Blue Jays dans la Division Est de la Ligue américaine ont encore une chance de se qualifier pour les séries.

C’est précisément pourquoi il risque d’être montré du doigt si Toronto échoue.

Est-ce juste une mauvaise saison? Ou le premier signe du poids psychologique d’un contrat de 500 millions de dollars? Avec encore 13 saisons à écouler, les Blue Jays ne peuvent pas se permettre de découvrir trop tard qu’ils ont surpayé pour le héros d’hier plutôt que pour la superstar de demain.

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