La Formule 1 ouvre sa première exposition nord-américaine à Toronto
Presqu’un mois avant la présentation du Grand Prix de Formule 1 du Canada à Montréal, la ville de Toronto a été sélectionnée pour accueillir la première exposition nord-américaine de Formule 1. L’événement se tiendra du 3 mai et jusqu’au début de l’été au Lighthouse ArtSpace. La chaîne sportive TSN qui diffuse les courses de F1 au Canada commandite l’événement.

Le voyage de 90 minutes des visiteurs commence dans la section Once Upon A Time In Formula 1. Que vous soyez un féru d’histoire qui veut voir ou comprendre l’évolution des voitures de différentes époques, des rivalités historiques entre pilotes et écuries, l’évolution technologique du sport ou le mariage entre la Formule 1 et Hollywood, vous serez bien servi.

« Il existe une série Netflix intitulée Drive to Survive. C’est très populaire en Amérique du Nord. Et je pense que nous avons atteint l’objectif de personnaliser un certain nombre de pilotes de Formule 1. Je pense qu’il y a une grande fascination et cela aide aussi que le Grand Prix soit devenu une sorte d’événement de très haut de gamme, exclusif et dynamique » explique Jonathan Linden, le réalisateur de l’exposition et président de Round Room Live.
Les visiteurs peuvent voir les débris de la voiture HAAS du pilote Romain Grosjean que Netflix met en vedette dans un épisode de Drive to Survive. Dans la série télévisée on voit les amateurs et le personnel des écuries simultanément retenir leur souffle lorsque Grosjean percute contre un mur à 240 km/h lors du Grand Prix de Bahreïn en 2020. Pendant plusieurs secondes interminables il semble prisonnier des flammes, mais miraculeusement il est sorti indemne de l’accident.

Grosjean a eu beaucoup plus de chance que le pilote canadien Gilles Villeneuve mort au volant de sa Ferrari en 1982. Le visage de Villeneuve apparait dans la section Fallen Heroes de l’exposition qui met en lumière les nombreux pilotes et personnels d’écuries qui ont tragiquement sacrifié leurs vies autour des circuits de F1. Les années 50, 60, 70 et 80 ont été particulièrement mortelles.
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L’exposition souligne à grand trait la contribution d’Ayrton Senna, un pilote de course brésilien qui a remporté le Championnat du monde des pilotes de Formule 1 en 1988, 1990 et 1991. Senna a remporté 41 Grands Prix et réalisé 65 pole positions, un record qui a tenu jusqu’en 2006. Dans un extrait vidéo on apprend que Senna tremblait énormément à la fin de chaque course et qu’un membre de son écurie devait lui tendre les bras pour l’aider à se calmer. Pour souligner le 30e anniversaire de sa mort, Netflix a réalisé une version romancée de sa vie, ses exploits et son décès au Grand Prix de St Marin en 1994 (le pilote autrichien Roland Ratzenberger a également été tué la même journée).
La Fédération Internationale de l’Automobile (FIA), l’organisme qui règlemente les courses automobiles, a compris qu’un taux de mortalité élevé pourrait éventuellement tuer le sport. L’organisme priorise depuis longtemps la recherche et la mise à jour de sa règlementation afin d’améliorer la sécurité des pilotes. La raison pour laquelle Grosjean est sortie indemne de son accident c’est qu’aujourd’hui les châssis des voitures sont fabriqués en fibre de carbone, une composante très utilisée dans le domaine de l’armement militaire.

À travers différents témoignages vidéo la sécurité devient le fil conducteur de l’exposition. Sans entrer dans les détails techniques les visiteurs sont amenés au cœur d’une usine de Formule 1. Chaque écurie emploie environ 500 designeurs, ingénieurs et chercheurs pour participer à la conception et la fabrication d’une nouvelle voiture à chaque saison afin de se conformer aux nouvelles règles.

Les amateurs de sensations fortes seront également bien servis. Pour la première fois, les visiteurs peuvent prendre le volant d’une voiture de F1 dans des simulateurs. La Formule 1 est le sport qui connaît la croissance la plus rapide au monde, attirant des millions de fanatiques sur tous les continents, mais qui ont rarement la chance s’immerger complètement dans l’univers de la F1.
« La F1 est devenue une plateforme et un sport incroyablement populaires. Et cela encore plus au cours des dernières années en Amérique du Nord. Et il n’y a pas beaucoup de façons d’interagir avec nos partisans. Il y a un nombre limité de Grands Prix. Ça dure juste une fin de semaine. Alors, comment célébrer la F1 au-delà des week-ends de Grand Prix et sur des marchés internationaux qui n’ont même pas de Grand Prix ? » demande Linden. L’exposition vise à satisfaire cet engouement.

Avant d’arriver à Toronto, l’exposition a fait ses débuts à Madrid où elle est rapidement devenue l’exposition temporaire la plus populaire d’Espagne en 2023. Elle a déménagé à Vienne, en Autriche où elle a obtenu un succès retentissant. Les organisateurs espèrent que Toronto connaitra le même succès avant de prendre la direction de Londres dans le courant de l’été.



