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Maple Leafs

Ken Dryden, légende du Canadien et ex-président des Maple Leafs s’éteint à 78 ans

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Dans l’histoire riche et tumultueuse de la rivalité entre les Canadiens de Montréal et les Maple Leafs de Toronto, peu de figures ont réussi à marquer les deux villes avec autant de force que Ken Dryden. L’ancien gardien du Tricolore, ex-président des Leafs, avocat, auteur et homme politique est décédé vendredi le 5 septembre à l’âge de 78 ans, emporté par un cancer.

La nouvelle a frappé le monde du hockey comme un coup de tonnerre. Derrière son masque iconique, Dryden représentait bien plus qu’un simple joueur. Il était une figure plus grande que nature, une conscience sportive et sociale, un homme pour qui le hockey n’était pas une fin mais un tremplin vers une vie d’engagement et de réflexion.

« Ken Dryden était un athlète exceptionnel, mais aussi un homme d’exception », a déclaré Geoff Molson, président et propriétaire des Canadiens de Montréal. « Derrière le masque, il était plus grand que nature ».

Le gardien philosophe

Originaire de Hamilton, en Ontario, Dryden a fait ses débuts avec le Canadien en 1970-71. Il n’a disputé que six matchs en saison régulière, tous victorieux, avant de s’imposer comme un mur impénétrable dans les séries éliminatoires. À 23 ans, il a mené son équipe à la Coupe Stanley et reçu le trophée Conn-Smythe, remis au joueur le plus en séries.

PHOTO: Ken Dryden a été président des Maple Leafs de Toronto de 1997 à 2004, une période marquée par la renaissance d’une équipe moribonde.

Il sera un des héros d’Équipe Canada durant la Série du Siècle de 1972 face à l’Union Soviétique. Dryden a partagé le filet avec Tony Esposito lors de la Série du siècle, un affrontement qui est devenu une métaphore de la lutte entre l’Occident et le communisme au plus fort de la Guerre froide.

Après avoir perdu le premier match au Forum de Montréal et le quatrième match à Vancouver, Dryden a rebondi pour s’imposer 3-2 lors d’un sixième match à Moscou, qu’il fallait absolument remporter.

Le Canada a ensuite battu les Soviétiques 4-3 lors du septième match avec Esposito. Dryden était de retour devant le filet pour le huitième match lorsque Paul Henderson a marqué à la dernière minute pour sceller la mémorable victoire de 6-5.

PHOTO: Le Canada a ensuite battu les Soviétiques 4-3 lors du septième match avec Tony Esposito durant la Série du siècle contre l’Union soviétique.

En 397 rencontres dans la LNH, il a obtenu 258 victoires, 57 défaites et 74 matchs nuls. Il a montré une moyenne de buts alloués de 2,24 et un taux d’efficacité de 0,922.

Dryden a pris sa retraite en 1979 après seulement huit saisons dans la LNH, mais son passage a été fulgurant : six Coupes Stanley, cinq trophées Vézina, un Conn Smythe et, fait unique, un trophée Calder remporté après avoir déjà soulevé la Coupe. Intronisé au Temple de la renommée en 1983, il a vu son légendaire numéro 29 rejoindre les hauteurs du Centre Bell le 29 janvier 2007.

Avocat, auteur, politicien et dirigeant de la LNH

Avocat, auteur, homme politique et dirigeant de la LNH, il a laissé une marque indélébile dans de larges pans de la société canadienne.

Auteur du livre The Game, publié en 1983, Dryden a ensuite écrit plusieurs autres livres, dont une biographie de son ancien entraîneur-chef Scotty Bowman.

PHOTO: Ken Dryden est l’auteur du livre The Game, publié en 1983.

Dryden a été président des Maple Leafs de Toronto de 1997 à 2004, une période marquée par la renaissance d’une équipe moribonde qui a participé à la finale de l’Association de l’Est en 1999 et 2002. Il a par la suite annoncé sa démission pour se lancer en politique sous la bannière libérale fédérale en 2004 dans la circonscription de York-Centre, à Toronto.

Il a été nommé ministre du Développement social au sein du Cabinet du premier ministre Paul Martin. Il a été battu en 2011 lors des élections fédérales et a reçu l’Ordre du Canada en 2012.

PHOTO: Ken Dryden passe le flambeau à Carey Price avant le match d’ouverture à domicile de la saison des Canadiens en 2014.

Pour beaucoup, Dryden symbolisait le mariage entre sport et vie intellectuelle, entre exploits sur la glace et service public. Il n’était pas seulement le gardien géant qui se tenait droit dans son filet, mais aussi l’auteur, le professeur, le parlementaire qui croyait profondément que le sport devait enrichir la société plutôt que de l’isoler.

PHOTO: Ken Dryden a annoncé sa retraite en 1979 et a été intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1983.

Le premier ministre Mark Carney lui a rendu hommage, soulignant « l’importance de l’équilibre dans la vie » que Dryden incarnait.

Ken Dryden laisse dans le deuil son épouse Lynda et leurs deux enfants. Mais il laisse surtout derrière lui l’idée qu’un athlète peut être à la fois un champion, un penseur et un citoyen engagé.

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