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Hockey Junior

Gavin McKenna et la NCAA : un tournant pour le hockey junior canadien

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La nouvelle est tombée comme une bombe dans le monde du hockey canadien : Gavin McKenna, joueur vedette des Tigers de Medicine Hat, quitte la WHL pour se joindre à l’Université Penn State. Selon le site College Hockey Insider McKenna a accepté un contrat de 700,000 dollars. Un geste impensable il y a quelques années. Aujourd’hui, McKenna pourrait bien influencer la prochaine génération de hockeyeurs amateurs canadiens.

À court terme, c’est un coup dur pour les ligues junior canadiennes, longtemps considérées comme la voie rapide vers la LNH. Le départ de McKenna, l’espoir numéro un en prévision du prochain repêchage, ne relève pas simplement d’un amour des livres. Il est le fruit d’une révolution silencieuse : la monétisation des athlètes universitaires aux États-Unis.

PHOTO: Gavin McKenna, joueur vedette des Tigers de Medicine Hat, quitte la WHL pour se joindre à l’Université Penn State.

Depuis deux ans, la NCAA permet à ses étudiants-athlètes de signer des ententes commerciales pour capitaliser sur leur image de marque. Selon certaines sources, l’ancien quart-arrière des Bulldogs de la Géorgie, Carson Beck, gagnera plus de 4 millions de dollars américains la saison prochaine après son transfert à Miami.

Le hockey n’a pas les mêmes ressources, mais certains programmes, comme Penn State, peuvent frapper fort, surtout lorsqu’ils bénéficient du soutien d’anciens diplômés milliardaires comme Terry Pegula, propriétaire des Sabres de Buffalo.

Il y a dix ans, plutôt que la NCAA ou la LCH, Auston Matthews avait opté pour Zurich, en Suisse, contre un salaire de 400 000 $. Mais aucun autre joueur d’élite n’a imité Matthews depuis. La grande différence aujourd’hui, c’est que Gavin McKenna n’est pas un cas isolé.

PHOTO: Auston Matthews avait opté pour Zurich au lieu de jouer dans la NCAA ou la LCH après avoir terminé un séjour dans le programme de développement américain.

Ses coéquipiers de Medecine Hat Cayden Lindstrom s’est engagé avec Michigan State, alors que Ryder Ritchie prend la route de Boston University. Et soudainement, le paradigme change. Jusqu’à tout récemment l’équipe junior qui les sélectionnait détenait leurs droits pendant une période pouvant aller jusqu’à cinq ans. La LCH soutient que les joueurs juniors sont des amateurs plutôt que des professionnels et ne sont pas payés plus que 250 $ par mois.

PHOTO: En plus de McKenna, Cayden Lindstrom s’est engagé avec Michigan State, alors que Ryder Ritchie prend la route de Boston University.

La décision de McKenna est un changement structurel qui coïncide avec l’assouplissement des règles d’éligibilité ce qui devrait rendre ces décisions beaucoup plus fréquentes.

Pour la LCH, la menace est existentielle. Imaginez un instant si des talents générationnels comme Wayne Gretzky, Mario Lemieux, Sidney Crosby, Connor McDavid, Nathan MacKinnon ou Connor Bedard avaient eu la possibilité, à 17 ou 18 ans, de gagner des centaines de milliers de dollars en jouant dans la NCAA. Auraient-ils tout de même choisi le hockey junior canadien?

La LCH devra revoir son modèle qui repose sur la territorialité et une compensation symbolique de 250 $ par mois. L’argument de la bourse post-secondaire pèse moins lourd face à des offres à six chiffres et des diplômes américains valorisés à l’international.

PHOTO: Après avoir terminé un séjour dans le programme de développement américain Auston Matthews avait opté pour le hockey professionnel en Suisse.

Willie Desjardins, l’entraineur-chef et directeur général des Tigers, l’a admis sans détour : « Le changement de règlement de la NCAA n’aurait pas pu tomber à un pire moment ».

Ce nouveau paysage n’est pas sans paradoxes. En abolissant les restrictions, la NCAA pourrait renforcer la LCH dans certains cas en fragilisant les ligues Junior A ou Tier 2.

Autrefois pour conserver leur admissibilité à la NCAA, Cale Makar, Martin St Louis, Paul Karyia et plusieurs autres ont passé au moins une année dans le Junior A ou Tier 2. Aujourd’hui cette règle d’éligibilité n’existe plus.  Ces joueurs pourraient opter pour le hockey junior majeur canadien en attendant une offre de la NCAA.

Macklin Celebrini, par exemple, aurait peut-être choisi la LCH plutôt que le Steel de Chicago de l’USHL en vertu des nouvelles règles d’admissibilité.

Ce n’est pas la fin du hockey junior canadien. Mais c’est la fin de son monopole. Et ce changement, inévitable, exige une adaptation rapide.

L’époque où les meilleurs jeunes talents restaient dans la LCH par réflexe ou par absence d’alternative est bel et bien révolue. Désormais, ils peuvent choisir. Négocier. Et, surtout, capitaliser.

PHOTO: Easton Cowan des Knights de London dans la Ligue junior de l’Ontario et espoir des Maple Leafs de Toronto.

Pour certains, ce sera une rampe vers la LNH. Pour d’autres, une occasion de bâtir une sécurité financière avant même d’obtenir un diplôme. Dans les deux cas, ils prennent leur avenir en main, bien avant que le hockey professionnel décide pour eux.

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