De Steve Nash à Shai Gilgeous-Alexander : la révolution du basketball canadien
Shai Gilgeous-Alexander vient d’entrer dans une nouvelle stratosphère de la NBA avec un deuxième titre consécutif de joueur par excellence. Avant lui, un seul Canadien avait réussi pareil tour de force : Steve Nash en 2005 et 2006 avec les Suns de Phoenix. Dans une ligue longtemps dominée par les Américains, le trophée de joueur par excellence est désormais devenu une sorte de métaphore pour un basketball mondialisé.
Pour une 8e année consécutive l’honneur revient à un joueur étranger. Pour les Américains, c’est peut-être le fruit amer de la campagne de séduction planétaire amorcée par la NBA durant les Jeux olympiques de Barcelone en 1992. À force d’exporter son produit, la ligue a fini par importer une génération de super vedettes capables de dominer les meilleurs Américains sur leur propre terrain. James Harden est le dernier Américain à avoir remporté le titre, en 2018, avec les Rockets de Houston.
Gilgeous-Alexander a terminé en tête du scrutin avec 939 votes, dont 83 votes de première place. « Il est resté fidèle à lui-même », a déclaré l’entraîneur du Thunder, Mark Daigneault. « Je pense qu’il a peaufiné son jeu, son leadership et sa vision des choses, comme tout jeune joueur qui atteint l’âge adulte ».
Le Serbe et triple lauréat du titre Nikola Jokic, des Nuggets de Denver, est arrivé deuxième. Le prodige français de 22 ans Victor Wembanyama, des Spurs de San Antonio, a terminé au 3e rang. Le Slovène Luka Dončić des Lakers de Los Angeles a terminé, au 4e rang. Cade Cunningham des Pistons est le seul Américain à faire partie du top 5 au terme du scrutin.

Fidèle à sa personnalité réservée, il préfère partager le crédit avec le personnel de son équipe. « La façon dont les choses sont gérées dans cette organisation et cette ville favorise la réussite », a déclaré Gilgeous-Alexander. « Rien de ceci n’est pas un hasard ».
En quête d’un deuxième championnat consécutif, le meneur du Thunder a maintenu des moyennes de 31,1 points, 6,6 passes décisives et 4,3 rebonds par rencontre. Sa production offensive a permis à Oklahoma City de terminer au sommet du classement général avec une fiche de 64 victoires et 18 défaites.

Gilgeous-Alexander et Alexander-Walker : Une affaire de famille
Le talent pour le basketball semble inscrit dans l’ADN de la famille Alexander. Son cousin, Nickeil Alexander-Walker, a lui aussi connu une saison remarquable à sa première année dans l’uniforme des Hawks d’Atlanta.
Formé à Virginia Tech, il a atteint de nouveaux sommets avec des moyennes de 20,8 points, 3,4 rebonds et 3,7 passes décisives par rencontre, une progression spectaculaire qui lui a valu le titre de joueur le plus amélioré de la NBA.
Nés à seulement deux mois d’intervalle en 1998, Alexander-Walker comprend mieux que quiconque l’ampleur du chemin parcouru par les deux cousins, des gymnases modestes de la banlieue torontoise jusqu’aux grandes scènes de la NBA.
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« C’est extrêmement rare d’assister à une telle ascension, à un tel parcours, à un moment historique », a-t-il expliqué. « Quand on était enfant et qu’on parlait de nos rêves qui ont fini par se réaliser, ça nous marque pour toujours ».

Ce qui est fascinant, c’est qu’avant même d’avoir atteint la trentaine ni l’un ni l’autre ne semble avoir atteint son plein potentiel.
Pendant des décennies, le basketball canadien a cherché son identité, coincé entre l’omniprésence du hockey et la domination américaine. Aujourd’hui, cette époque semble révolue. Le Canada développe désormais des joueurs d’élite qui arrivent dans la NBA sans complexe d’infériorité face aux Américains et au reste du monde.
L’arrivée des Raptors en 1995 a donné à toute une génération un sentiment de proximité avec la NBA, tandis que les succès de Steve Nash ont prouvé que les Canadiens peuvent non seulement atteindre la NBA, mais la dominer.



