Coupe du monde 2026 : Le Canada entre dans l’histoire en terminant deuxième du groupe B malgré une défaite face à la Suisse
Disons les choses franchement. La victoire éclatante du Canada contre un Qatar diminué représentait davantage une exception qu’une nouvelle norme. Depuis le début du tournoi, les meilleurs passages des Canadiens surviennent presque toujours en deuxième moitié, lorsque Jesse Marsch ajuste son plan de match et que ses remplaçants changent la dynamique de la rencontre.
On l’a vu contre la Bosnie à Toronto lorsque l’entrée de Cyle Larin à la 61e minute a complètement transformé le match. On l’a revu contre la Suisse.
Promise David continue de frapper l’imaginaire. En seulement 44 minutes de jeu dans cette Coupe du monde, l’attaquant a déjà inscrit un but. Son impact est immédiat. Faire entrer (Promise) David en cours de rencontre, c’est comme lancer une grenade dans une défense adverse. Lui confier une place au sein du onze partant pourrait donner encore plus de mordant à une attaque qui tarde souvent à trouver son rythme.
Durant la ronde des 32, les Canadiens n’auront pas le luxe de passer une première moitié à chercher leurs repères avant de prendre le contrôle du jeu.

Malgré cette défaite de 2-1 face à la Suisse, le parcours du Canada dans cette Coupe du Monde se déroule de la manière dont la plupart des observateurs l’avaient prévu: quatre points en trois rencontres… soit un bilan assez satisfaisant et qui veut dire que les Rouges seront de la ronde des 32.
Trois constats dans la défaite face aux Suisses
En premier lieu, et contrairement au match contre le Qatar, les ailiers du Canada ont eu beaucoup moins d’espace et ont été limité à quelques moments de brio. Ali Ahmed n’a pas été en mesure d’exercer une grande influence sur ce match comme il l’avait fait contre les Qataris. De l’autre côté, Tajon Buchanan a aussi été bien contré par ses adversaires suisses.

Dans les deux cas, l’aspect physique du jeu de la sélection suisse a semblé déranger les Canadiens. Ralentis à toutes les occasions, accrochés plusieurs fois, les joueurs de Jesse Marsch ont affronté une équipe aguerrie et avec l’expérience des grandes occasions.
C’est peut-être ce qui explique le début difficile pour les Canadiens, au tout début du match et encore au début de la deuxième demie. Les Suisses étaient allumés alors que les Rouges semblaient incertains et un peu amoindris par la pression. Ils ont repris de l’élan plus les minutes se sont écoulées cependant. Cela donne un peu d’espoir quant à la suite des choses dans le tournoi puisque Jesse Marsch pourra travailler sur l’aspect mental au cours des prochains jours.
Les remplaçants canadiens ont insufflé une énergie intense, une grande présence physique et une pression offensive irrésistible. « La Suisse n’a pas vraiment apprécié notre agressivité », a déclaré l’ailier canadien, Liam Millar expliquant comment lui et les remplaçants ont transformé la rencontre en seconde moitié.
Finalement, le troisième constat: la difficulté de dicter le jeu au centre. Les absences des partants habituels (Ismaël Koné et Stephen Eustaquio) ont handicapé le style de jeu du Canada. Mathieu Choinière et Nathan Saliba (tous deux anciens du CF Montréal) ont bien fait mais n’ont pu dominer au milieu contre l’expérimenté Granit Xhaka, le maître de jeu et capitaine suisse.

L’exception est celle de la séquence qui a mené au but de Promise David. Tout d’abord, le jeune défenseur central, Luc de Fougerollles, offre une passe remarquable en profondeur vers Nathan Saliba. Le milieu fait un contrôle de ballon extraordinaire pour ensuite refiler vers David qui finit avec une belle manœuvre. Un des très beaux buts de ce tournoi jusqu’ici.

Somme toute, le Canada est toujours en vie. Grâce au nouveau format en vigueur dans cette Coupe du Monde à 48 équipes, 32 pays se qualifient pour le prochain tour: les deux premiers dans chacun des 12 groupes, ainsi que les huit meilleurs troisièmes.
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C’est pour cette raison que tous les matchs sont importants. Hormis les raisons commerciales (plus de dollars pour la FIFA parce qu’il y aura plus de 100 parties dans ce tournoi), l’aspect sportif est aussi important: des pays peuvent causer des surprises dans la ronde des 32 et même plus loin.

On sait maintenant que l’Afrique du Sud sera l’adversaire du Canada dimanche à Los Angeles. Les Bafana Bafana ont surpris plusieurs observateurs en obtenant leur qualification dans un groupe relevé et arrivent avec beaucoup de confiance. Les Canadiens auront tout de même une belle occasion de poursuivre leur parcours face à un adversaire à leur portée, du moins sur papier.
Mais dans une Coupe du monde où les surprises se multiplient et où chaque match raconte sa propre histoire, les performances du Canada jusqu’ici démontrent que rien n’est impossible.



