Coupe du monde 2026 : Le Canada dans un groupe B sans merci
« Y’en aura pas de facile ». L’expression popularisée par l’ancien entraîneur-chef des Canadiens de Montréal Claude Ruel résonne encore régulièrement dans le sport canadien. Et elle convient parfaitement à ce qui attend l’équipe masculine canadienne de soccer (football) après le tirage au sort de la Coupe du monde 2026, présenté à Washington le vendredi 5 décembre.
Pour un pays qui n’a jamais remporté un match en Coupe du monde, le défi est immense, mais terriblement excitant.
Les hommes de Jesse Marsch affronteront dans le groupe B le Qatar, la Suisse, et le vainqueur d’un barrage explosif impliquant l’Italie, l’Irlande du Nord, le Pays de Galles et la Bosnie-Herzégovine.

Avant même de croiser le Qatar et la Suisse, les Canadiens devront d’abord affronter, en ouverture, le gagnant de ce barrage européen. Si l’Italie se qualifie, ce serait un événement sans précédent. Un duel Canada–Italie au BMO Field de Toronto le 12 juin.
Par superstition, la grande diaspora italienne de Toronto, Hamilton, Montréal et de partout au Canada retient son souffle et n’ose pas faire jouer le classique de Pavarotti, devenu l’hymne de la Coupe du monde lors de l’édition 1990 organisée par l’Italie.

La perspective d’un premier match historique à domicile pour le Canada contre la Squadra Azzurra, quadruple championne du monde mais absente des deux dernières éditions, pourrait ravir les Canadiens d’origine italienne et séduire les supporters neutres.
« Si on frappe l’Italie, vous savez comment c’est à Toronto avec les Italiens », a déclaré le milieu de terrain et vice-capitaine Stephen Eustáquio, refusant d’expliquer le sens de ses paroles. Ceux qui connaissent l’atmosphère électrique de la Petite Italie durant la Coupe du monde savent exactement à quoi il fait allusion.

Affronter une équipe expérimentée comme l’Italie avec une bonne partie de la foule de Toronto conquise pourrait chambouler les plans de Jesse Marsch.
Le Groupe B reste ouvert. Avec une moyenne d’âge de 26 ans, le Canada allie jeunesse et expérience. Sa première Copa América en 2024 s’est conclue par une demi-finale contre l’Argentine et une encourageante quatrième place. Mais cette jeunesse comporte un risque : la gestion émotionnelle, comme l’ont montré les récentes expulsions d’Ali Ahmed et d’Ismaël Koné.

Autre point notable : malgré la distance entre Toronto et Vancouver, le Canada jouera ses deux derniers matchs au BC Place. Un choix qui surprend certains, même si le stade de 55 000 places et la popularité du soccer en Colombie-Britannique jouent en sa faveur, tandis que la FIFA privilégie Toronto pour le match inaugural en sol canadien.
· Match 1 : 12 juin 2026 | Toronto
· Match 2 : 18 juin 2026 | Vancouver
· Match 3 : 24 juin 2026 | Vancouver
La France dans le « groupe de la mort »
Dans cette édition élargie à 48 équipes, trois groupes attirent déjà tous les regards : les groupes E, L et I.
Le groupe E offrira un duel intense entre l’Allemagne, Curaçao, la Côte d’Ivoire et l’Équateur. Revancharde, l’Allemagne vise un retour au sommet. La Côte d’Ivoire, championne d’Afrique 2024, arrive avec une génération explosive, tandis que l’Équateur et ses jeunes déjà établis en Europe peuvent battre n’importe qui. Un groupe à haute tension.
Le groupe L, celui de l’Angleterre, est encore plus redoutable : Angleterre, Croatie, Ghana et Panama. Guidée par Thomas Tuchel, l’Angleterre cherche enfin un titre. La Croatie reste une valeur sûre, solide et expérimentée. Le Ghana revient sans complexe et pourrait surprendre. Le Panama, outsider total, jouera sans pression — souvent propice aux exploits.
La France se retrouve plongée, au cœur d’un véritable groupe de la mort dans le groupe I, avec le Sénégal, la Norvège et le vainqueur de Irak – Bolivie/Suriname. Ce groupe est un parcours du combattant et pourrait rappeler l’intensité du groupe de la mort de 2014. La dynamique entre puissance européenne, talent africain et outsiders affamés crée un cocktail parfait pour l’un des groupes les plus imprévisibles du tournoi.

Avec des affiches déjà mythiques à l’horizon — Brésil–Maroc, Argentine–Algérie, France–Sénégal, Japon–Pays-Bas ou Allemagne–Côte d’Ivoire — le Mondial 2026 promet un spectacle total. Et pour le Canada comme pour la France, une certitude demeure : y’en aura vraiment pas de facile.



