Après 32 ans d’attente George Springer ramène les Blue Jays à la Série mondiale
Aucune équipe du baseball majeur n’a remporté plus de victoires en revenant de l’arrière cette saison. À 49 reprises en saison régulière, les Blue Jays ont refusé de mourir. Alors, quand ils tiraient de l’arrière 3-1 en septième manche du septième match de la série de championnat de la Ligue américaine face aux Mariners de Seattle, personne n’a quitté son siège au Centre Rogers. La foi en cette équipe Cendrillon est une donnée essentielle.
Les Mariners ont peut-être sous-estimé George Springer. Trois jours plus tôt, il avait quitté un match après avoir été atteint par une balle rapide à 153 km/h (95,3 MPH). John Schneider l’a ramené dans l’alignement comme frappeur désigné. Puis, alors que l’espoir vacillait, Springer a catapulté un lancer d’Eduard Bazardo dans les gradins.

Son circuit de trois points fut le tournant du match, scellant un gain de 4-3 dans un Centre Rogers chauffé à blanc. Dix ans après le « bat flip » de José Bautista, Springer a offert un moment encore plus grandiose qui ramène Toronto en Série mondiale pour la première fois depuis 1993.
Ce moment tournera en boucle sur les réseaux sociaux pendant des années. Il rappelle le tir de Kawhi Leonard contre Philadelphie, celui qui avait envoyé les Raptors vers leur premier championnat en 2019.
La renaissance d’un vétéran
À 36 ans, le vétéran George Springer a retrouvé l’élan des beaux jours. À ses débuts avec les Astros de Houston en 2014, sa constance et son impact sur le terrain lui ont valu plusieurs sélections au match des étoiles. En 2021, il a signé un contrat de six ans d’une valeur de 150 millions de dollars avec les Blue Jays. Un pari audacieux que plusieurs jugeaient perdu d’avance.
« C’est le George Springer que j’ai toujours connu », a déclaré le droitier des Blue Jays Chris Bassitt, qui a lancé une huitième manche parfaite après le circuit de Springer. « Beaucoup de gens avaient perdu confiance en lui. « On n’a jamais perdu confiance en lui. On lui a fait confiance. Et bon sang, ça fait du bien » a ajouté Bassitt.

Pourtant, les blessures avaient fini par éroder son éclat. Après une saison 2024 cauchemardesque et un camp d’entraînement 2025 hésitant, il semblait au bout du rouleau. Sa moyenne de ,107 au bâton pendant la présaison inquiétait les partisans. Mais lui, stoïque, affirmait avec confiance en mars dernier « je me sens vraiment bien. Ce qui compte, c’est le processus ». Cette phrase, simple et désarmante, est devenue la prophétie d’une renaissance.
Le sport professionnel, comme la vie, n’est qu’une succession de cycles. Springer a bouclé le sien. Avec 32 circuits en saison régulière et trois autres jusqu’à maintenant en séries, il redevient le joueur vedette qu’il était à Houston.
« C’est le moment le plus incroyable de ma carrière », a déclaré Isiah Kiner-Falefa. « J’ai vu Springer faire ça à plusieurs reprises à la télévision, mais être sur les buts à ce moment-là, c’était incroyable. Je n’ai jamais vu un stade exploser comme ça. George a été répondu à l’appel de l’équipe quand on avait le plus besoin de lui. S’il est à Toronto, c’est pour nous mener jusqu’à la victoire en Série mondiale » a déclaré Kiner-Falefa.

Le gérant John Schneider abonde dans le même sens. « Il n’y a probablement personne au monde que je voulais voir au bâton plus que George Springer. En octobre, il est magique. »

Trente-deux ans après Joe Carter, Roberto Alomar et Paul Molitor, ce sont désormais des noms moins connus comme Nathan Lukes, Addison Barger, Ernie Clement et Mason Fluharty qui font battre le cœur du pays. Une équipe construite autour de Vladimir Guerrero Jr pleine de joueurs affamés.
Lukes incarne cette improbable épopée. Polyvalent, discret, il joue à n’importe quelle position et frappe à n’importe quel rang. À 31 ans, il songeait à la retraite avant le début du camp d’entrainement. Sa moyenne au bâton est de 0,333 depuis le début des séries! Toronto est sa neuvième équipe en 10 saison.

Feront-ils le poids face aux Dodgers de Los Angeles, champions en titre, menés par Shohei Ohtani, Mookie Betts, Freddie Freeman et Blake Snell? Schneider n’est pas intimidé : « Si on joue collectivement, on peut battre n’importe qui. »
George Springer, lui, connaît les Dodgers. En 2017, il les avait bombardés en Série mondiale avec cinq circuits et onze coups sûrs, remportant le titre de joueur par excellence.
La saison 2025 des Blue Jays sera-t-elle un triomphe inattendu ou une tragédie d’octobre? La foi des partisans, tissée de doute et d’espérance, reste la flamme qui les porte.



